J'ai presque dix-huit ans d'hiers et ed demains, et ce soir, je dois me rappeller le plus grand nombre de jours possibles. Je veux que cette nuit soit longue, aussi longue que ma vie.
Cette nuit, plus que jamais dans ma vie, je veux me sentir vivant.
- MICHAEL MORPUGO-
J'étais perdue ...
- Liz ... de quoi tu parles ?
- Mais tout ce que je t'ai raconté, tout ces discours niais pour te faire croire qu'il reviendra, c'était des conneries tu m'entends ? Edward s'est barré parce qu'il ne te supportait plus, et toi t'as été assez conne pour gober toutes mes salades ! Mais tu dois vraiment être désespérée ma pauvre fille, chuchota t-elle avec méchanceté. Toutes ces paroles de réconfort, c'était rien que des mots. Des mots qui s'envolent, parce qu'ils ne sont pas vrai ! Si je t'ai dit qu'il allait revenir c'était pour que tu te fasses pas sauter le caisson tout de suite, mais j'aurais jamais imaginé que tu me croirais aussi longtemps, cracha t-elle avec un rictus. Seulement tu me fais pitié à plus rien bouffer sous prétexte que ton prince charmant va venir te chercher, alors, aujourd'hui, je veux que tu réalises. C'est la vie Bella. Cherche pas a vivre dans tes rêves.
Elle délirait. Ses nerfs lâchaient voilà tout. Pourquoi me parlait elle de ça maintenant ? Pourquoi me parlait elle de ça tout court ? Il n'empêche que chaque mot qui sortait de sa bouche me blessait comme une poignard. J'étais à deux doigts de pleurer. Mais je ravalais courageusement mes larmes pour tenter de la raisonner.
- Liz ... je pense que tu es fatiguée. Tu ne sais plus ce que tu dis ...
- Ta voix tremble hein ? T'as peur c'est ça ? Hein Bella, tu commences à réaliser que je dis la vérité, et ça t'effraie. Toutes les petites protections que tu t'étais créé sont détruites non ? Il a suffit que je dise qu'Edward ne t'aime pas ... et hop ... tu pleures. Et tu sais au fond de toi que ce que je dis est vrai. Et je sais ce qui s'est passé ... Edward ne t'aimais plus, et il s'est servi du prétexte de l'accident pour te quitter. Et il est parti. Il t'a abandonné, articula t-elle lentement, sadique. Il t'a quitté. Pour Angela, acheva t-elle.
C'en était trop, j'éclatais en sanglots. Je mourais d'envie d'étriper Liz, mais elle venait d'énoncer à voix haute ce que j'avais secrètement redouté. Edward m'avait préféré Angela. A travers mes larmes je distinguais les visage de Liz, tordu d'un rictus satisfait. Je venais de comprendre son brusque retournement de situation. Elle était jalouse, elle l'avait été dès le premier jour, et toute sa rancoeur venait d'éclater. Elle me détestait parce que j'étais la fille qu'elle aurait par dessus tout aimé être. Et aujourd'hui ... elle avait craqué. Mais j'étais trop faible pour me défendre. Et contre quoi ? J'étais maintenant convaincue que Liz avait dit la vérité. Pourquoi essayer de protester ? J'étais trop faible.
Je pleurais et les derniers grammes d'espoir qui subsistaient en moi dévalaient mes joues au rythme de mes larmes.
- Liz ? parvins-je à haleter au bout de quelques instants.
- Mmmmhh ?
- Tu étais la personne en qui j'avais confiance. Tu m'as toujours aidé à garder espoir. Et je te déteste pour ce que tu viens de me dire, mais tu m'as toujours dit la vérité. Et je pense que tu m'as encore une fois ouvert les yeux ... Je te hais. Mais je sais que tu as raison. Merci ...
- Bella ... murmura t-elle d'une voix tremblante après un moment.
- Oui ?
- Non ... non rien, dit elle finalement, comme si elle regrettait déjà ses paroles.
Nous nous tûmes toutes les deux. Mais je rompis une fois de plus le silence.
- Liz, maintenant, je n'ai plus de raison d'espérer. Alors ... ne sois pas sûre de me trouver vivante à ton réveil demain matin, annonçai je calmement.
Pour toute réponse, Liz étouffa un sanglot. Je retins un sourire en me répétant silencieusement la phrase que je venais de prononcer ; un peu théâtral tout de même. Mais le fond était vrai. Curieusement calme, je me reposai sur mes oreillers. J'étais épuisée de ne plus manger. Je n'avais survécu jusque là que grâce à la perspective qu'Edward viendrait. Mais j'avais toujours eu au fond de moi un petit interstice, comme une porte semi-ouverte par laquelle un vent froid entrait, un courant d'air qui semait le doute en moi. Après tout, Edward m'aimait-il vraiment ?
Mes espoirs étaient comme une braise que Liz et moi entretenions avec des paroles et des pensées. Mais les mots de Liz avaient définitivement soufflé l'étincelle. Le noir était revenu. Pourtant, l'idée de mourir ne m'effrayait pas. La mort viendrait me chercher, et je l'attendrais. Courageusement, je ne sais pas mais avec la conscience tranquille, car je savais que je ne raterais rien de plus en restant ici-bas. J'étais comme cette étincelle finalement. Prête à m'éteindre ...
J'attendais beaucoup de cette nuit. Rendez vous compte, mourir, c'est comme avoir vingt ans, ça n'arrive qu'une fois. Et au risque de paraître morbide, j'avais relativement hâte de savoir en quoi consistait l' « après ». Cette nuit eut donc un goût de « dernière fois ».
Pour la dernière fois, je me levais pour aller me brosser les cheveux. Pour la dernière fois, je levais la tête pour me regarder dans la glace. L'image que me renvoya le miroir me fit presque sourire. J'étais dans un état pathétique : mon teint avait une couleur ivoire qui aurait été appétissante en crème pâtissière à la limite, mais pas sur un visage. Mes cheveux ... n'en parlons pas, secs, cassants, ébouriffés ... Mais le pire, restaient mes yeux. Ou plutôt mon regard. Car lorsque je croisai celui ci dans le miroir, mon sourire s'effaça instantanément. La jeune fille dans la glace avait tellement souffert. Et ses yeux exprimaient la lassitude, plus même que la fatigue, l'abandon. Elle se battait depuis longtemps, et ce soir, elle baissait les bras. Cependant, elle ne semblait pas avoir peur, non, on pouvait lire une lueur tranquille dans ses yeux, comme si elle acceptait son sort. Je souris faiblement, hochai la tête, puis prit la brosse à cheveux. En sortant de la salle de bain, je jetai un coup d'oeil dans la direction de Liz. Elle me tournait le dos et semblait endormie. Semblait. J'étais sure qu'elle simulait ; après m'avoir dit tout ça elle ne pouvait décemment pas dormir avec la conscience tranquille. Tant mieux. Qu'elle culpabilise un peu.
Aussi silencieusement que possible, je m'assis sur le bord de mon lit. Et regardai mes mains. C'était bizarre, durant tout ce temps passé à l'hopital, j'avais fui mon image comme la peste, que ce soit en miroir, en photo ou de toute autre manière. Ma faiblesse, mon manque de combativité me dégoûtaient alors. Mais pas ce soir. J'avais aujourd'hui un incroyable besoin de me sentir vivante. Je touchai mes cheveux, me berçai sur mon lit, puis, je me tu pendant de longues secondes, et me concentrai sur le bruit du sang qui battait à mes oreilles. J'avais l'impression d'être un nouveau-né qui se découvre, qui se touche, qui ouvre grand ses yeux pour découvrir le monde. Hélas, je me trouvais pour ainsi dire de l'autre côté du miroir, et chaque geste avait un goût d'adieu. Mélancoliquement, je tirai les couvertures et me glissai dans mon lit. Et pour la dernière fois, je fermai les yeux. Geste bien banal en somme, qui se révélait pour moi être comme ... comme le baiser du mariage. Vous savez, ce moment où l'époux soulève le voile de la mariée et l'embrasse, pendant que le prêtre déclare solennellement « Je vous déclare unis par les liens du mariage ». Après ce baiser, votre vie n'est plus la même, vous abandonnez votre insouciant « Mademoiselle » au profit d'un « Madame » bien plus imposant. J'abandonnais moi, ma vie malheureuse et plutôt dramatique au profit d'une mort paisible et attendue.
On raconte que pour 90 % des personnes qui meurent, la dernière image - celle qui s'imprime dans votre rétine pour l'éternité - est le plafond. Je trouvais ça proprement pathétique. Et je ne comptais pas faire partie de ces 90 personnes qui manquaient assez d'imagination et d'ambition pour garder bêtement les yeux ouverts en attendant les trompettes du jugement dernier. Non non, pas de plafond jaunâtre et tâché pour moi, j'avais gardé égoïstement dans un recoin de ma tête une image bien plus plaisante, que j'étais ravie de graver dans ma rétine pour toujours. Et aujourd'hui était venu le moment de la « déballer ». Aujourd'hui, je m'autorisais enfin à penser à Edward. Mais ce soir, je ne voulais pas pleurer, je ne voulais pas me souvenir de tout. Enfin si, de tout, mais avant. De nos baisers, de nos regards, de nos conversations, de nos caresses. Du bonheur. Petit à petit, comme on chantonne une mélodie, comme ça, sans réfléchir, le visage d'Edward pris forme dans ma tête. Ses boucles noisettes aux reflets cuivrés, sa peau ivoire et immaculée, ses pommettes, hautes et dures, sa bouche, fine et parfaitement dessinées, et bien sûr ses yeux. Ses pupilles magnifiques, où j'aimais tant me noyer. Les flaques d'or liquide qui constituaient les yeux d'Edward étaient bel et bien la dernière image que je voulais conserver. Pour toujours. Voilà, son visage était là, derrière mes yeux, et il était presque aussi réel que le vrai. Je sentis un sourire se dessiner sur mes lèvres. Plus de rancune ou de colère, plus de douleur ni de larmes, ce soir, je ne voulais me souvenir que du meilleur. Mon coeur était en paix, ma tête reposée, et le sourire d'Edward subsistait derrière mes paupières quand je m'endormis. Pour la dernière fois.
Ohh la la, je suis toute tourneboulée *rires*
Voilà, en fait, pendant les vacances je me suis mattée avec ma cousine ( "- Mais tu sais, on s'en fout hein ! - Pas rave, je continue ><" <----- obstinée ) l'intégrale du Seigneur des Anneaux, et c'était une première pour moi et ... c'est énormes ces films OO'
La vache, le nombre de fois où on a pleuré, le nombre de fois où je me suis dit que c'était quand même bête qu'on monde pareil n'existe pas vraiment, la beauté des paysages, la superbe musique, l'histoire magnifique, et les acteurs ... (Legolas ♥♥♥) ... bref, si vous ne les avez pas vu (et que 10 h de films ne vous font tout de même pas peur ^^) regardez les de TOUTE URGENCE, ils sont cultes, et c'est normal !
Et celles qui les ont vu (lu ?) qu'est ce qu'elles en pensent ?
Bisouilles
► Miss Alice, qui est heureuse d'avoir retrouvé l'inspiration ◄