24 . Séparation

24 . Séparation
J'ai vécu d'aimer, j'ai donc vécu de larmes.
- MARCELINE DESBORDES-VALMORE -


- Mais, c'est pour ton bien, que nous te laissons ici Bella, observa Alice. Jasper te l'a dit, tout ce qui fait ta vie est ici. Ton père. Ton lycée. Ta maison. Tes amis. Venir avec nous ne t'attirera que des ennuis. Et de la tristesse.
Je secouai la tête. Ils ne voulaient pas comprendre, ça ne servait à rien que je m'échine à leur répéter ce qu'ils contestaient à chaque fois.
- Donc, vous me quittez. D'accord, murmurai-je en m'asseyant.
Je ne savais plus quoi dire, plus quoi faire. Devais-je leur dire adieu ? Devais-je crier, pleurer ? Devais-je me taire ? Je ne savais même plus quoi penser. Une partie de mon cerveau me hurlait que je devais réagir, car Edward allait me quitter, quand l'autre me disait de ne rien faire, car ce n'était qu'une plaisanterie.
- Bon eh bien ... Au revoir Bella, murmura Jasper en s'approchant de moi. Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolé pour ... Angela, s'excusa t-il sincèrement. Je sais, tu ne pourras jamais me pardonner, mais, vraiment ... le coeur n'y était pas. Je, je suis désolé ... acheva t-il en sortant précipitamment de la salle, sans que je puisse lui répondre.
- Il faut l'excuser Bella, il redoutait ce moment ... confia Alice. Jasper est vraiment, vraiment malheureux depuis l'accident.

Je ne su que dire, et Alice s'approcha de moi.
- Voilà, c'est mon tour. Je vais pas être très originale, rigola t-elle, mais les adieux, ça me connaît pas spécialement. Tu vas me manquer, Bella, souffla t-elle en m'enlaçant, mais cette étreinte ne me fit ni chaud ni froid, étant trop occupée à comprendre ce qui se passait. Tu étais, comme une soeur pour moi, et j'aurais adoré me dire que de nombreuses après-midi shopping nous attendent, mais bon ... J'ai une petite chose pour toi, pour que tu penses à moi, de temps en temps, dit elle en me donnant le paquet.
Edward grogna, mais Alice l'ignora délibérément. Il insista. Alice fit volte-face, excédée.
- Tu ne penses pas sérieusement qu'elle va nous oublier quand même ? Edward, tu sais pertinemment que Bella pensera à nous. C'est forcé, alors que je lui offre un petit souvenir ne va pas changer le cours des choses, si ?
Il ne répondit pas, mais soupira avec ostentation. Alice se tourna de nouveau vers moi avec le cadeau dans la main. Elle me sourit.
- Tu l'ouvriras quand on sera partis d'accord ?
Mais je repoussai sa main.
- Non, je ne l'ouvrirai pas parce que vous ne partirez pas sans moi.
Alice haussa les sourcils mais ne dit rien. Elle se contenta de me mettre d'office le paquet dans la main et de m'adresser une petite moue amicale.
- Bon ... de toute manière, que tu le croie ou non, nos destins sont arrivés à un carrefour. Et nous ne prenons pas la même route ... Alors ... au revoir Bella.
Je fut prise d'une soudaine envie de la serrer contre moi, ce que je fis, et de bon coeur cette fois-ci. Alice profita de l'occasion pour me chuchoter à l'oreille :
- J'ai dit que nos chemin se séparaient, ça ne signifie pas que les routes ne se rejoindront jamais, et elle se recula sur ces paroles énigmatiques. Salut, lâcha t-elle avant de sortir.

Je me retrouvai debout, avec les yeux plein de larmes et pour seul réconfort un paquet enrubanné dans la main. Je ne reverrai pas Alice ... Comment les choses avaient elles pu en arriver là ? Edward s'avança vers moi, mais ce fut cette fois-ci Carlisle qui entra. Je ne pu retenir un soupir excédé. Je commençai à en avoir marre de ces allées et venues.
- Edward ... on va y aller, avertit le docteur, avant de se tourner vers moi. Bella, je suppose que tu es rodée maintenant, plaisanta t-il. J'ai été heureux de faire ta connaissance, et je te souhaite bonne chance, pour ... pour après.
Au fur et à mesure des adieux, je prenais conscience de l'horreur de la situation. Je ne reverrai pas Carlisle. Ni Esmé. Ni Jasper. Ni Emmett. Ni Rosalie. Ni Alice. Ni ... ni Edward. Non, je ne reverrai pas Edward. La famille Cullen disparaîtrait de ma vie comme elle était arrivée. Or, il était beaucoup trop tôt. Les larmes que j'avais jusque là contenues jaillirent tout d'un coup, sans que je puisse les contrôler. Carlisle s'avança et me serra contre lui. Il fit un bref signe de tête à Edward pour l'inviter à sortir, mais je tiquai aussitôt.
- Non Edward ! Non, ne pars pas ! Tu n'as pas le droit !

J'étais ridicule à brailler comme une folle, échevelée, sanglotante, mais je n'en avais pas conscience. Et je m'en fichais. Je ne voulais pas qu'Edward parte. Tout. Tout mais pas ça. Je me dégageai de l'étau des bras de Carlisle pour me jeter dans ceux de mon vampire. Il me serra contre lui, fort, trop fort, j'étais écrasée contre son torse. Mais j'étais avec lui, c'était le principal.
- Tu vas me manquer Bella, chuchota t-il à mon oreille. Je croyais être plus fort que ça. Désolé. Malgré tout ce que j'ai pu te faire, sois sûre d'une chose. Je t'aime, affirma t-il en me regardant droit dans les yeux. Je t'aime tellement.
Et il m'embrassa. Mes joues étaient maculées de larmes, j'avais du mal à respirer à cause de la force de son étreinte, mais j'étais avec lui. Pour le moment. Je lui rendis son baiser, le plus fort que je pouvais, pour qu'il se souvienne de moi. Ce baiser avait le goût des larmes. Notre étreinte devint profonde, presque violente et je me reculai la première pour reprendre haleine. Nous nous regardâmes pendant un moment, mon regard était plongé dans le sien, et ce que j'y lisais me faisait mal. Il allait vraiment partir. Je pouvais lire la détermination et la détresse dans ses yeux. Il approcha son visage du mien et embrassa mes larmes. Je fermai les yeux, profitant de chaque seconde de sa présence. Je ne pouvais pas me détacher de lui, et il semblait que lui non plus. Je priai pour que cet instant dure. Car ça y est. J'avais compris cette fois-ci. Edward partait. Pour toujours.
Ses lèvres descendirent le long de ma nuque et je le sentis la mordiller. Ce geste, venant de sa part, était comme un cadeau d'adieu, il me disait au revoir. Le vampire qui était en lui se retenait d'attaquer. Pour la dernière fois. Je sanglotai de nouveau et il serra mon visage dans ses mains, me couvant de son regard. Je le distinguai à peine à travers les larmes qui obstruaient mes yeux. Il se recula petit à petit avant de se détourner à regret.
Carlisle avait tout suivi de la scène mais cela ne me gênait en rien, son attitude défaite l'excusait. Il s'approcha de moi -je n'avais pas bougé- et posa un bras protecteur sur mes épaules.
- Je te raccompagne à la voiture ? proposa t-il gentiment.
- Que .. quoi, déjà ? bégayai-je sous le coup de l'émotion.
Carlisle sourit tristement.
- Oui ... déjà.
Edward était de dos, lui non plus n'avait pas bougé, mais je voulais voir son visage. Encore une fois.
- Edward. Tourne toi, implorai-je.
- Bella, il faut y aller, insista Carlisle en me poussant gentiment vers la porte.
- Non, criai-je. Non, Edward, regarde moi. S'il te plaît.
C'était la dernière faveur que je lui demandais. Je n'en pouvais plus. Je ne voulais plus souffrir, mais revoir son visage m'était indispensable.
- Non Bella. Sors s'il te plaît, répliqua t-il.
Carlisle me tira doucement par le bras mais je me débattis. J'essayai de toucher Edward mais il était hors de portée, crier était mon dernier recours.
- Je dois te voir une dernière fois Edward ! Il faut que je te voie ! Mais tourne toi !
Je hurlai de toutes mes forces pour qu'il m'obéisse mais il ne bougeait pas.
- Bella. Tu sors maintenant, ordonna Carlisle, mais je lui résistais du mieux possible.
- Bella. Ca ne sert à rien. Pars, murmura Edward d'une voix tremblante.
- Alors tu t'en fiches vraiment c'est ça ? Je peux mourir et tu t'en foutras hein ! C'est ce que tu voulais en fin de compte, me quitter, et tu ne savais pas comment me le dire ? Mais je vais crever, tu m'entends, vociférai-je, je vais CREVER comme ça, t'auras la paix, je t'embêterai plus jamais avec mes jérémiades.
Je disais n'importe quoi, aussi fort que je pouvais dans le but de le faire réagir. Je voulais le faire souffrir comme il me faisait souffrir. Je voulais qu'il pleure, qu'il crie, qu'il ait mal. Autant que moi. Carlisle me tira, plus fortement cette fois-ci et je sentis mes pieds glisser sur le parquet, le temps m'était compté. Plus le temps passait, plus ma colère grandissait.
- Oui, je vais mourir. A cause de toi. De ta lâcheté. La prochaine fois que tu me verras, je serai un cadavre, et la dernière chose à laquelle j'aurai pensé avant de fermer les yeux, ça sera que je te détestais.
Edward fit volte-face, ses narines frémissaient. Carlisle me tirait toujours vers la porte, mais je souriais, m'imprégnant de chaque détail du visage de l'être que j'aimais.
- Tais toi Bella. Tu sais que je ne fais pas ça de gaieté de coeur. Si nous partons, c'est en grande partie pour toi. C'est pour ton bien, dit il froidement.
Ces derniers mots me révoltèrent.
- Pour mon bien ? Tu penses que m'abandonner va me rendre heureuse ? Tu y crois sincèrement ? Je te déteste, je te déteste, et je veux que tu souffres ! Que tu aie aussi mal que moi. Que chaque seconde de l'éternité aie le goût du regret, et de la douleur. Je te déteste, je te déteste plus que n'importe qui.
Je m' époumonais, et j'avais le plaisir pervers de constater que chaque mot qu'à chaque mot que je criais, Edward cillait. Carlisle avait arrêté de me tirer depuis un petit moment et je m'interrompit soudain pour voir ce qu'il fabriquait. Il se tenait derrière moi, l'air inquiet. Et une seringue était plantée dans mon épaule. Ce ne fut qu'à ce moment là que je pris conscience que j'avais mal. Ma tête s'alourdit brusquement et des limbes noires commencèrent à obscurcir ma vision. Carlisle m'avait injecté un anesthésiant ... Je sentis le plancher tomber, et moi avec.
- Je te déteste Edward ! criai je en guise d'adieu.
Puis, juste avant de lâcher prise,
- Mais je t'aime tellement ...


Désolée si cette suite a mis un peu de temps, mais comme vous le savez, cette semaine, rentrée de rigueur !
Semaine très fatiguante, j'ai beaucoup dormi, mais c'est très sympa de voir tous ces changements ...
Et la vôtre ? Bons profs, classe pourrie, emplois du temps corrects ?
Je veux tout savoir :)
Sinon, j'aimerais savoir si certaines d'entre vous ont des nouvelles concernant la date de sortie de Twilight en France ?
Parce que je me tiens pas trop au courant mais j'ai l'impession qu'on stagne un peu niveau news non ?
Bref, si certaines sont au courant, prévenez moi !
Gros bisous à toutes et bonne chance pour ... la suite =)

# Posté le vendredi 29 août 2008 09:06

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 07:53

25 . Le réveil

25 . Le réveil
La mort.
L'horreur absolue de la non-existence.
La mort ne rentre dans aucun schéma.
Il n'y a pas d'explication à la mort.
Elle entre, elle vous arrête au milieu d'une phrase : "Non, c'est fini" et claque la porte.
- ANTHONY BURGESS -



Bip ...

Bip ...

Bip ...

Ma tête. Mon Dieu, j'avais tellement mal. Et ces fichus bruits stridents qui ne s'arrêtaient pas. J'essayais de bouger mon bras mais la vague de douleur qui me submergea tout un coup m'empêcha d'effectuer le moindre mouvement. Les bips continuaient, et ils se rapprochaient au fur et à mesure que je reprenais conscience. Bon, tentons de raisonner, pensai-je. Premièrement, où suis je ? Mon mal de tête ne m'encourageait pas à ouvrir les yeux, mais je n'avais pas d'autres alternatives, aussi, j'essayai d'ouvrir les paupières. Mais la clarté extérieure m'aveugla, je les clôt immédiatement. Pas la peine de réessayer ... Je tendis l'oreille dans l'espoir de glaner un indice quant à l'endroit où je me trouvais, mais les bips stridents m'empêchèrent de pouvoir écouter convenablement. D'accord, je ne pouvais donc ni voir, ni entendre, ni bouger. Je ne savais qu'une chose, j'étais allongée et j'avais une migraine insupportable. Ca me faisait une belle jambe tiens ...

Bien résignée à patienter, je fus surprise par un bruit de porte et des pas qui se rapprochaient.
- Ahh ... vous êtes enfin réveillée mademoiselle Swan, apprécia une voix masculine grave et basse qui ne m'était d'ailleurs pas inconnue.
J'aurais aimé demander à cette personne où j'étais et qui il était mais ma bouche était pâteuse et mes lèvres semblaient peser des tonnes. Cependant, comme s'il avait lu dans mes pensées, l'homme répondit à mes interrogations muettes.
- Pour parer à d'éventuelles questions que vous ne pouvez pas poser compte tenu de votre état, je vais me présenter, car je ne sais pas si vous vous rappelez de moi. Docteur Runt, nous avons eu l'occasion de nous rencontrer à propos de la disparition de mademoiselle Angela Weber. Je ne sais pas si vous vous souvenez ...

Au prix d'efforts intenses, je parvins à hocher la tête de quelques millimètres. Ainsi, j'étais à l'hôpital. Mais que faisais-je là ? Je me souvenais de la disparition d'Angela. J'entendais encore Charlie me dire qu'un corps avait été retrouvé et identifié comme étant celui de mon amie. Mais après ... trou noir. Total.
- Vous avez mis du temps à émerger de votre léthargie, mademoiselle, reprit-il.
Puis, voyant que je pouvais pas répondre,
- Nous avons découvert dans votre sang des traces de lidocaïne, une substance anesthésique très puissante. Qui n'a rien à faire dans le sang d'une jeune fille de dix-sept ans. Et vous n'êtes pas arrivé ici par l'opération du saint-esprit, nous vous avons retrouvé inconsciente, assise sur un des fauteuils de la salle d'attente de l'hôpital.
Je sentis la voix se rapprocher, le docteur était au dessus de moi.
- Je n'ai qu'une question mademoiselle Swan. Que s'est il passé ?

Je ne pris même pas la peine d'ouvrir la bouche pour tenter de lui répondre, car je n'avais moi même aucune idée de la réponse. Je sentis son souffle s'attarder au dessus de moi quelques secondes, avant qu'il n'ajoute,
- Le corps met un moment à éliminer cette substance, aussi, il se peut que le patient soit atteint d'une amnésie passagère. Mais la mémoire revient rapidement, ne vous inquiétez pas. Je vais vous laisser seule avec vous même un moment pour que vous fouilliez vos souvenirs. Quand je serai de retour, dans une heure environ, je veux une réponse. Réfléchissez bien mademoiselle Swan, claironna t-il avant que j'entendisse la porte se fermer.

Une vague d'anthipatie me submergea soudain, et s'il avait été à mes côtés, j'aurais sauté sur ce mufle. Je n'avais moi même aucune idée de la raison pour laquelle je me trouvais ici et il comptait sur moi pour le lui dire ?
Au moins, j'avais une heure à tuer, autant la mettre à profit. Je sentais que dans ma tête, le jour se levait. Me rendormir était la dernière chose à faire et même si je le détestais, ce qu'avait dit le docteur n'était pas complètement stupide. « Réfléchissez bien mademoiselle Swan ». Mais j'étais perdue, je n'avais plus de repères. Concentrée et tendue par l'effort, je réussis à ramener ma main droite devant mes yeux et à entr'ouvrir ceux ci.
Je distinguai des murs blancs à travers mes doigts, ce qui me confirma que je me trouvais bien dans une chambre d'hôpital. Je tournai la tête de quelques centimètres pour apercevoir un électrocardiogramme, puis, éreintée, je reposai ma tête sur les oreillers. Je savais maintenant d'où venais tous ces bips. Ils étaient insupportables, mais m'indiquaient que j'étais encore en vie, ce qui, l'un dans l'autre, était plutôt rassurant. J'étais vivante, et à l'hôpital donc. Mais que faisais-je là ? Je me sentais engourdie, patraque, ce qui était dû au produit qu'on m'avait injecté. J'avais l'impression qu'une partie de ma mémoire avait été méticuleusement gommée, mais même si je ne me souvenais de rien, un sombre pressentiment me poussai à croire qu'il s'était passé des choses graves. Seulement, voilà. Je ne savais plus quoi.

Vous est-il déjà arrivé de chercher un mot que vous avez sur le bout de la langue, sans parvenir à le trouver ? A chaque fois que vous croyez pouvoir le tenir, le gredin s'envole, et le rattraper est encore plus dur. C'est incroyablement frustrant. Si la réponse est oui, imaginez ce sentiment mais en mille fois pire. Car je savais que certaines choses terribles s'étaient produites, je n'arrivait pas à me départir de ce sentiment oppressant, mais sans parvenir à mettre le doigt dessus.

Je revoyais Charlie ouvrir la porte de ma chambre, me dire que quelqu'un me demandait au téléphone. J'avais répondu. Mais à qui ? Je ne pu retenir des larmes de rage, car j'étais certaine de savoir, au plus profond de moi même. Je parvins à rouvrir les yeux et à les garder ouverts cette fois ci. J'en profitais pour détailler la chambre. Elle était peinte en blanc, petite, les rideaux étaient fermés et un spot au néon éclairait d'un ton blafard le lit et la table de chevet qui tenaient lieu de mobilier. Quelque chose était posé sur cette table. Un paquet. Bleu. Je m'en saisis, et des flashes me parvinrent soudain. Rosalie me disait « Au revoir ». Je descendais les escaliers et Angela me suivait. Emmett me serrait dans ses bras. Une seringue était plantée dans mon bras. Exaltée, je respirai profondément pour tenter de reprendre mes esprits. Ces évènements s'étaient produits. Il y a peu. Mais un lien que je n'arrivais pas à définir les reliait...

Je reportais mon attention sur le paquet, en espérant qu'il pourrait m'en apprendre plus sur ce qui s'était passé. Le cadeau avait une forme rectangulaire et était relativement grand, quoique léger. Il était emballé dans un un papier bleu canard et enrubanné dans du bolduc blanc nacré. Une inscription était écrite sur un côté de la boîte, « Pour Bella, prends soin de toi ». Curieuse, je me dépêchai de démêler les rubans mais ceux ci étaient bien trop serrés, aussi, je déchirai avidement le papier cadeau. Une boîte à chaussure. Pointure 37. Autrement dit, ma pointure. Impatiente, j'en ôtais le couvercle. Je m'attendais à trouver une paire de chaussures, mais il ne semblait n'y en avoir qu'une seule, enroulée dans du papier de soie. Je déroulai celui-ci et un escarpin bleu tomba sur mon lit.

Il est impossible de décrire ce que je ressenti alors. Car j'avais déjà vu cette chaussure ... Mais dans des circonstances tellement différentes. Alice m'avait chaussé de l'autre escarpin le soir du bal de fin d'année, où je n'en avais porté qu'un car ma jambe était cassée. Elle avait donc gardé l'autre depuis. Ce fameux soir. Celui où j'avais dansé avec lui. Six mois seulement. Une avalanche de souvenirs m'assaillit alors. Mais une information se détachait particulièrement. Et mon coeur, s'arrêta de battre. Car. Edward. M'avait. Quitté.

Je me laissai retomber sur mon oreiller tout en commençant à crier. Mon souffle s'accéléra. Les petits bips de l'électrocardiogramme, jusque là si réguliers s'espaçaient de plus en plus. Étrange... Juste avant que je me sente partir, une infirmière poussa à la volée la porte de ma chambre avant de crier « Vite, un docteur ! On est en train de la perdre ! ». Ma vue se brouilla et je perdis conscience.

On raconte beaucoup de choses sur ce fameux mystère qu'est l'Expérience de Mort Imminente. Vous savez, ce moment où l'on dit se détacher de son corps, et rentrer dans un tunnel où l'on se sent bien avant de revenir à la vie. Un peu mystique selon moi ... Bref, autant vous le dire, je n'y croyais pas. Mais ça, c'était avant de le vivre.

L'espace d'un instant, je m'étais évanouie, mais quelques secondes plus tard, je me sentis « monter ». Ca peut paraître étrange mais je ne vois pas d'autres mots pour décrire cette sensation. Je voyais les médecins, les infirmières s'affairer autour de mon corps, y planter des aiguilles, des électrodes, et moi je m'élevais ... J'étais contente de ne plus être « en bas ». Pourquoi continuer à souffrir quand tout peut s'arrêter ? Edward était ma raison de vivre. Et il était parti. Voilà qui réglait la question. Je me sentais malheureuse mais aussi sereine, car où que j'aille désormais, je savais que je n'aurais plus mal. Je profitais donc de mes derniers instants pour observer les tentatives des médecins pour me sauver. Apparament, j'étais très mal en point, car minute après minute, la tension dans la pièce montait. Mon corps pâlissait à vue d'oeil. Et signe infaillible, les courbes de l'électrocardiogramme se rapprochaient lentement mais sûrement de la ligne droite. Autrement dit, j'étais aux portes de la mort...


Coucou tout le monde !
Suite à certaines remarques totalement FAUSSES, je sais que ce que j'écris c'est pas très gai, et j'en suis désolée ^^
Mais je ne suis PAS gothique (je ne critique en aucun cas celles qui le sont mais je veux rétablir la vérité xD)
Et, je sais que la vie de Bella empire à chaque chapitre, mais promis les choses s'amélioreront ( un jour ...)
Parole de scout comme on dit ;)
Allez, bonne continuation pour votre rentrée, et je vous fais confiance pour trouver votre Edward les filles ;)
► Miss Alice ◄

# Posté le samedi 30 août 2008 08:19

Modifié le vendredi 12 septembre 2008 15:50

26 . Quand il faut se battre pour survivre ...

26 . Quand il faut se battre pour survivre ...
Il y a une chose plus triste à perdre que la vie,
c'est la raison de vivre,
plus triste que de perdre ses biens,
c'est de perdre son espérance.
- PAUL CLAUDEL -


C'est la porte de ma chambre qui s'ouvrit pourtant pour laisser place à la dernière personne que je voulais voir. Pardon. Aux deux dernières personnes que je voulais voir. Car Charlie était entré dans la pièce, le visage inondé de larmes et l'air plus fébrile que jamais. Et à son bras, effondrée, Renée, ma mère. Ils s'avancèrent vers mon lit avant de s'asseoir lentement sur des chaises. Mes parents me regardaient. Et moi qui croyais avoir laissé la douleur derrière moi, et ce définitivement, voilà qu'elle me rattrapait. Ma mère m'avait prise le bras et me parlait, mais bien sûr, je ne réagissais plus. Elle se leva alors, et commença à me secouer avant de se mettre à crier. « Bella ! Bella, tu arrêtes maintenant ! Réveille toi, Bella ! » . Le personnel soignant lui demanda immédiatement d'interrompre ses simagrées, mais Renée continua. Un infirmier la saisit fermement avant de la conduire hors de la pièce. Et la porte se ferma.

Une vague de remords remonta alors en moi. Je ne pouvais pas les laisser. Pas après tout ce qu'ils avaient fait pour moi. Mais je ne pouvais pas non plus vivre sans lui. Étais-je condamnée à errer, sans but, pour le seul plaisir de mes parents ? J'étais tiraillée entre deux décisions. La facilité qui conduirait à l'oubli ou le combat qui engendrerait la douleur. Je ne voulais plus pleurer. Je ne voulais plus de cette misérable existence si c'était pour la continuer sans sa présence à mes côtés. En dessous de moi, le personnel s'activait comme jamais, mais mon état se dégradait à vue d'oeil. Ce fut Charlie me guida dans mes choix. Il essuya ses larmes avant de s'avancer vers mon corps et de chuchoter,
- Ma Bella, si tu m'entends, c'est que tu as encore assez de forces pour te battre. Ne baisse pas les bras ma chérie. Bats toi. Ne nous abandonne pas ... Ta mère et moi ...nous ne survivrons pas ... acheva t-il avant d'éclater en sanglots et de plonger le visage dans ses mains.

Papa ... non. Je ne pouvais pas le laisser. Je devais me battre. Pour lui. Pour ma mère. J'aurai tellement aimé ajouter pour Edward. Mais je ne devais pas y penser. Je ne voulais plus vivre. Pourtant, je le devais.

Alors, le noir revint. Et avec lui, la douleur. La sensation de milliers d'aiguilles plantées dans mon corps. Et un mal de tête indescriptible. Mais je percevais les bruits autour de moi. Les sanglots de mon père, les cris des médecins, les pas des infirmières, et mes propres râles. J'étais terrifiée, mais j'avais un objectif. Vivre. J'essayai d'ouvrir la bouche pou inspirer mais constatai que ça n'était pas nécessaire, car un tuyau me rentrait dans la bouche pour amener directement l'air à mes poumons. Tant mieux, la tâche serait plus aisée. Pourtant j'avais tellement mal. A la tête. Aux bras. Mais je pouvais guérir. J'avais aussi terriblement mal au coeur, mais je savais pertinemment que cette plaie ne guérirait jamais. Une main caressa doucement mon visage, des tempes jusqu'au menton. Papa. Il pensait que j'allais mourir. J'avais envie de me redresser et de l'embrasser et de crier à tout le monde que, ça y est, j'étais vivante. Mais les forces me manquaient. Je concentrai alors toute mon énergie à montrer que j'étais de retour ; un sourire imperceptible se dessina sur mes lèvres.

Un cri m'annonça que mes efforts avaient été récompensés. « Elle revient à elle ! » . En effet, les bips se rapprochaient de nouveau. Les mains sur mon corps se faisaient moins pressantes. En l'espace d'un instant, je me sentis mieux. J'étais convaincue que la vie m'était revenue. J'identifiai les sanglots de soulagement d'une femme comme ceux de ma mère qui devait être de retour dans ma chambre. Des félicitations fusèrent alors, que les membres du personnel soignant s'adressèrent entre eux. Mais la dernière fut pour moi et ce fut Charlie qui me l'adressa.
- Bravo ma chérie. Tu as gagné ...
Oui ... J'avais gagné. Mais au plus profond de moi, j'avais l'intime conviction d'avoir perdu avec Edward ma raison de vivre. C'est ainsi que je m'endormis avec à portée de main, tout ce qu'il me restait au monde.



☼ . . . ☼



Le temps passa. Aux secondes succédèrent les minutes, aux minutes succédèrent les heures, etc ... Le temps passa. Et rien ne changeait.
Ma vie se présentait désormais sous cette forme : je sortais de ma léthargie le matin, vers huit heures, heure à laquelle une infirmière arrivait avec un plateau de nourriture immangeable, tenant lieu de petit déjeuner. Je refusais systématiquement de manger. Elle essayait avec douceur, parfois elle s'énervait. Elle insistait, pour la forme. Mais rien ne pouvait me faire changer d'avis. Je ne mangerai pas. Au bout d'une dizaine de minutes, elle appelait généralement le docteur. J'avais alors droit à ma leçon de morale quotidienne, je devais manger pour retrouver des forces, etc ... Je hochais la tête pour qu'il soit content, mais il approchait toujours une cuillère trop pleine de ma bouche. Je joignais alors mes lèvres en un mince trait, et il secouait la tête en marmonnant « on va pas y arriver ». Il s'approchait alors de l'infirmière, et tous deux entreprenaient une longue discussion à voix basse où je percevais les mots « sonde » , « mourir » et «choc psychologique ». Je ne pouvais m'empêcher de sourire de leur visage dépités, j'avais l'impression qu'avoir un air sinistre était obligatoire pour quiconque voulait entrer dans ma chambre. Puis, le docteur s'asseyait de nouveau sur mon lit, et il plongeait ses yeux dans les miens, comme s'il imaginait que son regard de merlan allait me faire changer d'avis. Il soupirait de dépit, et, estimant sans doute que leur mission avait été accomplie, mes deux tortionnaires sortaient.

Je me félicitais d'avoir résisté une fois de plus. Cela faisait maintenant cinq jours que je n'avais rien avalé. Ils avaient bien essayé une fois de me mettre sous perfusion, mais je m'étais débattue comme une furie, et aux bouts de nombreuses griffures, le docteur s'était avoué vaincu. Il n'avait pas réessayé depuis ... Je ne voulais pas manger, et je ne mangerai pas. Tout ce qui devait me ramener à une existence normale était banni. Bien sûr, j'avais régulièrement des crampes d'estomac. Je savais moi-même que mon état se dégradait, je faiblissais de jour en jour et les mines des infirmières quand leur regard se posaient sur moi ne présageaient rien de bon ... Cependant, j'avais une volonté de fer. Tout, mais pas retourner au lycée. Je ne voulais pas jouer la comédie devant les profs, les élèves, devant mes propres parents ... Je ne voulais pas faire comme si tout allait bien. Car ça n'était vraiment pas le cas.

Je ne désirais pas retourner au lycée, d'accord. Mais je ne voulais pas non plus rester allongée toute ma vie sur ce lit d'hôpital, dans cet état comateux. Je ne voulais plus me battre pour survivre. A chaque seconde qui passait, je me haïssait de ne pas m'être laissée partir quand j'en avais eu l'occasion ... La mort me paraissait maintenant si désirable ! Cependant, à chaque visite de mes parents, un sentiment de devoir me poussait à continuer. Je devais rester, à défaut de vivre pour moi, je devais le faire pour eux.

Pour me simplifier la vie, je me bourrais de somnifères, et je sombrais dans de longs sommeils sans rêve où je ne pensais pas. C'était désormais dans ma vie ce qui s'approchait le plus du bonheur ... Ne plus penser. J'aurais aimé pouvoir rester dans cet état constamment, il arrivait donc que je dépasse (et pas qu'un peu) la dose de cachets prescrite, dans l'espoir de m'endormir pour toujours. Hélas, un lavage d'estomac n'a jamais tué personne ...

Je dormais donc la majeure partie de mon temps. A certains moments, il m'arrivait de me réveiller, et j'étais lucide, l'espace d'une poignée de minutes. Or dans mon état, la lucidité m'entraînait irrévocablement à penser à lui. Je reprenais donc un somnifère. Noir. On me réveillait vers dix-neuf heures trente pour manger. Nouveau refus, nouveau discours moralisateur, nouveau combat de gagné. La porte se fermait et j'avais alors la nuit devant moi. Je divaguais, pensant à tout et à rien. Je m'efforçais autant que possible de ne penser à rien, car quand mes idées étaient claires, elles étaient toujours dirigées vers les mêmes personnes ... et l'escarpin posé sur ma table de nuit ne m'y aidait pas. J'avais conscience que le garder me faisait du mal, mais je savais en le regardant que je n'avais pas rêvé. J'avais un jour connu le bonheur. Et, c'est dramatique à dire, cette chaussure en était l'unique vestige. Et le personnel de l'hôpital avait tenté de me l'enlever ...

En effet, dès mon deuxième jour ici, une infirmière particulièrement stupide avait profité de mon état léthargique pour la prendre, sans doute dans le but de la jeter. Heureusement, je l'avais vue, et j'avais bondi hors de mon lit pour la lui arracher. Elle avait crié pour que l'équipe soignante lui vienne en aide. Le docteur Runt avait accouru et avait tenté de la raisonner, avant de me demander de lui donner la chaussure. Je lui avait ri au nez, mais il avait tendu la main et m'avait sèchement ordonné de lui remettre mon escarpin. J'avais alors piqué une crise sans nom, j'avais crié, tapé sur tout ce qui me tombait sous la main et qui voulait prendre possession de mon unique souvenir d'eux. Décrétant alors qu'il s'était assez amusés, les infirmiers me plantèrent une aiguille dans le bras (la deuxième fois en une semaine, quelle monotonie). Cependant, j'avais constaté à mon réveil que la chaussure avait été remise à sa place ...

Vous pouvez le dire, leur départ m'avait rendu aigrie, méchante et violente. J'avais conscience d'avoir changé ... Mais je réagissais sans doute comme ça par vengeance, on m'avait fait mal, et je le rendais autour de moi ... Pour en revenir à mon « séjour » ici, une fois que j'avais versé mon quota de larmes en regardant la chaussure, je m'endormais d'épuisement ... Fin de la journée. On prend la même chose, et on recommence pour la suivante...




Hello everybody :D
(cette partie de l'article me fait penser à un édito ^^)
Comment va en cette deuxième semaine de cours ?
En ce qui me concerne, la fatigue est au rendez-vous, mais les nouvelles rencontres, et celles à venir (hum ...) sont carrément excitantes x)
Contente d'être en week end donc, surtout que le 22 Octobre approche à une vitesse effarante !!!
Personnellement, j'en ai trop marre de penser que des milliers de personne SAVENT ce qui se passe et moi noooonn :'(
Mais on va y remédier, par contre, y a UN truc pas cool. Voilà, j'ai entendu dire qu'une soirée Twilight serait organisée le 21 Octobre à minuit pétante et moi, j'étais motivée à moooort, sauf que voilà, mercredi matin, 8h00, compo de maths ... fallait que ça arrive --'
Mais gardons le sourire, et pensons à notre Edward ♥
Enoormes Bisous =)
► Miss Alice ♥ (oups, j'ai dérapé ... ;p)

PS : rassurez moi, je ne suis pas la seule pauvre folle à matter la Star Ac' ce soir ??? (au fait, vous trouvez pas que Kamel Ouali a une tête d'écureuil ?)
PPS : vous mourrez d'envie de poser LA question qui vous trotte dans la tête à notre magnifique Stephenie ? ( savoir si Edward aime manger croques monsieurs par exemple). Eh bien n'hésitez plus, voici LA solution, vous inscrire sur ce site, et poser LAquestion, si vous êtes choisi, notre écrivain préférée vous répondra ! (personnellement, je suis convaincue qu'Eddie préfère les croques madames mais bon ...).
PPS : auriez vous l'obligeance de m'indiquer dans un commentaire si vous souhaitez être prévenues parce que c'est un peu la galère pour prévenir tout le monde ...

# Posté le samedi 30 août 2008 09:54

Modifié le vendredi 19 septembre 2008 15:51

27 . Dispute

27 . Dispute
Ne coupe pas les ficelles quand tu pourrais défaire les noeuds.
-PROVERBE INDIEN-


De temps en temps, une visite de mes parents venait rompre la monotonie. Mais celles-ci se déroulaient toujours de la même manière, les choses se répétaient, inlassablement.
Renée et Charlie entraient dans ma chambre, sourire figé collé aux lèvres. Avec dans les mains un cadeau qui se voulait original mais qui se révélait simplement inutile : un livre que je ne lirai pas, du chocolat que je ne mangerai pas, et même dernièrement un appareil photo. Ils savaient pertinemment que je n'utilisais pas leurs cadeaux. Même si je feignais l'enthousiasme lors de l'ouverture de ceux ci, leurs yeux se posaient à chaque fois sur le CD ou le roman qu'ils m'avaient offert au cours de leur précédente visite. Pourtant, ils ne disaient rien, eux aussi cachaient leur inquiétude derrière des masques figés de « parents heureux ». Décidément ... quelle formidable famille de comédiens faisions nous !
Mais aujourd'hui, quelque chose n'allait pas. Quand ils rentrèrent, je constatais avec surprise qu'ils étaient venus les mains vides. Je ne pu m'empêcher de hausser les sourcils quand mes parents vinrent s'asseoir sur mon lit avec une mine grave.
J'étais habituée à un joyeux « Alors, comment ça va aujourd'hui chérie ? Mais dis donc, tu as meilleure mine qu'hier !» . Bien sûr, toutes ces effusions sonnaient faux, et c'était sur le même ton que je leur répondais avec ce que je tentais de faire passer pour un sourire « Oui, c'est bien possible, je me sens mieux » . La conversation déviait alors sur la météo, la cohabitation (extraordinaire) de Renée chez Charlie durant mon hospitalisation, ou encore sur le cours du baril de pétrole. On parlait de tout, sauf de ce qui nous tracassait vraiment. On évitait le sujet, on se mentait avec un grand sourire. C'était lamentable. Triste à en pleurer. Pourtant, on se contentait de ça ... Venait tout de même un moment où nous ne trouvions plus rien de stupide à nous raconter. Un silence gêné s'installait, que Charlie se décidait généralement à rompre avec un « Bon, on va y aller ma chérie, on va te laisser te reposer ». Je me forçais à bailler, grimaçais un sourire fatigué et leur disais au revoir. Ils sortaient. Et je pleurais silencieusement, regrettant de leur faire autant de peine, et me détestant ne pas vouloir vivre.
Mais pas aujourd'hui.
Aujourd'hui pas de fausses répliques, pas de faux sourires semblaient avoir décrété mes parents.
Dis nous la vérité Bella. Nous sommes fatigués de faire semblant. Que s'est il passé ?
Pas ça. Tout. Mais pas cette question. Mes méninges tournèrent à plein régime, et je tentai de faire une tentative de diversion (pitoyable, je vous l'accorde) pour distraire mes parents.
Je vais bien aujourd'hui, dis-je. Je pense que je vais bientôt pouvoir sortir de l'hôpital. C'est cool non ?
Je m'étais attendu à voir le visage de mes parents s'éclairer, mais tout ce que je récoltais fut un sourire grave de Charlie et un sanglot de la part de ma mère. Oulaaa ... mais qu'est ce qui n'allait pas chez eux aujourd'hui ? J'insistai. Lourdement.
C'est vrai, je me sens vraiment bien ! Vous n'êtes pas contents ?
Si ce devait être vrai Bella, tu penses bien que nous serions contentes, répliqua lentement Charlie. Mais nous venons de parler au docteur Runt. Et il ne nous a pas franchement dit que ton état s'améliorait.
Zut ... voilà qui était embêtant.
Ah ... me contentai-je de répondre.
Je pense que tu peux deviner ce qu'il nous a dit Isabella, dit mon père.
Aïe. Charlie ne m'appelait par mon vrai prénom que quand il était en colère. Très en colère. Ce qui avait dû arriver deux fois au cors de mon existence.
Tu te laisses dépérir. Pour le moment ta sortie de l'hôpital n'est même pas envisageable. La seule sortie dont il nous a parlé est celle de ta chambre.
La sortie de ma chambre ? murmurai-je, sans comprendre.
Oui ma chérie, commença Renée en se tamponnant les yeux. Tu vas âtre transférée en psychiatrie.
Ahhh ...
C'était donc ça ... En psychiatrie. Contrairement à ce que vous pourriez penser, la nouvelle ne m'affectait pas plus que ça. Bien sûr, l'idée de passer mes journées cloîtrée dans une cellule grise en compagnie d'une anorexique aux tendances suicidaire (comme moi) ne m'emballait pas plus que ça. Mais au fond ... souffrir ici ou souffrir là bas, qu'est ce que ça changeait ?
Mes parents me regardaient avec circonspection, dans l'attente de ma réaction, qu'ils pensaient violente à en juger par leurs mines.
D'accord ... Le transfert est prévu pour quand ? répondis je.
Bella ... je pense que pas plus toi que nous n'avons envie que tu te retrouves dans ... dans cette section de l'hôpital, reprit Charlie. La seule solution si tu tiens à y échapper est de nous parler, dit il fermement.
Dis nous ce qui s'est passé chérie ... Confie toi Bella, supplia Renée en prenant ma main.
Je fermai les yeux, bien décidée à ne rien lâcher.
C'est ... à propos du départ d'Edward ? risqua Charlie.
Par réflexe, mon corps se raidit. Une vague de douleur m'assaillit, mais je tentai de me contrôler devant mes parents.
Je ne veux même pas en parler, articulai-je fermement.
L'atmosphère de la pièce se refroidit instantanément. J'entendis ma mère sangloter, mais je n'avais rien à faire des ses larmes.
Bella ... évoquer certaines choses peut permettre aux plaies de cicatriser. C'est l'occasion de se décharger. De laisser le passé derrière toi ... murmura doucement Charlie.
Mais on peut vouloir ne pas oublier le passé, chuchotai-je presque inaudible.
Alors ... c'est bien à cause d'Edward ?
Papa. Je ne veux pas en parler. N'insiste pas, réussi-je à articuler malgré la colère qui me serrait la gorge.
Mais ma chérie, que t'a t-il fait pour te mettre dans cet état ! s'exclama Charlie.
MAIS ARRETE ! Quand je dis que je ne veux pas en parler, ça veut dire que tu dois te taire OK ? Hurlai-je avant de me laisser retomber sur mes oreillers, exténuée. Tant pis, je ne pouvais plus résister, et j'éclatai en sanglots rageurs. Je n'avais même pas eu le courage de prononcer son nom. Mais le simple fait de l'évoquer suffisait à rouvrir la plaie qu'il avait laissé dans mon coeur. Mon ultime souvenir de lui. La souffrance. Je pleurai. Comme je n'avais pas pleuré depuis longtemps. Je pleurais pour Edward. Je pleurais pour ma vie. Je pleurais pour mes parents. Ceux-ci s'étaient tus, et lis ne savaient apparament pas comment réagir face à la souffrance de leur propre fille.Je leur facilitai la tâche.
Je crois que vous avez fait votre part de dégâts, alors vous pouvez partir maintenant, à demain. Ou d'ailleurs si vous ne voulez plus venir, ne venez plus, je m'en porterai aussi bien. Au revoir, dis-je.
Mais Bella, commença Renée d'une voix tremblante.
J'AI DIT AU REVOIR ! hurlai-je.
La porte se ferma doucement. Mes parents étaient sortis, en me laissant déchirée. J'avais évité ce moment depuis le début. La confrontation avec la réalité. Et la douleur s'était intensifiée, pour finalement éclater avec une violence inouïe. J'avais tellement mal ... Je ramassai mes genoux sous mon menton, les enlaçait de mes bras et me balançai lentement d'avant en arrière comme pour bercer ma souffrance. Celle-ci s'apaisa peu à peu, et l'étau qui s'était fermé autour de ma poitrine se desserra légèrement.
Edward ... pourquoi étais tu parti ? Comment avais-tu pu me faire ça ? Je ne comprenais pas. Il m'avait dit, répété, assuré qu'il m'aimait plus que tout, pour finalement partir. Me laissant blessée, meurtrie, incapable de me relever. « Je vais partir, et tu vas réaliser que je n'étais pas si important. Les choses se passent toujours comme ça. » A l'évidence non. Pourquoi ? Pourquoi avait-il cru que notre relation était une « chose » comme les autres ? Prise d'un accès de rage, je me mis à marteler mon oreiller le plus fort possible, en imaginant qu'il s'agissait d'Edward. Un coup pour chaque mot blessant. « Si nous partons, c'est pour ton bien ». Je frappais à en perdre haleine, je me défoulais sur mon oreiller. J'étais en train de devenir folle. Je hurlai un chapelet d'injures destinées au vampire qui me faisait tant souffrir, en espérant que, pour une fois, il puisse lire dans mes pensées. Crier, taper, évacuer toute cette douleur, toute cette rage contenue. Je pleurais toujours quand une infirmière vint me donner le souper, quelques heures plus tard.


Metamorphosis Two - PHILIP GLASS
Drago-Hermione-Passion
(ci dessus, un blog qui n'a rien à voir avec Twilight, mais cette fiction, qui paraît un tout petit peu légère au début, est juste magnifique. C'est simple, c'est la meilleure que j'ai jamais lue. L'auteure nous fait vibrer, on passe par tous les registres, on voit des vampires, on pleure, c'est extrêmement bien construit, bref jetez vous dessus, vous ne le regretterez pas !)
La Cité de la Joie - DOMINIQUE LAPIERRE


Bonjour bonjour amies vampirettes,
On en parle, ça paraît loin, mais ça arrive vite pourtant cet "effet seconde".
Overdose de devoirs, avalanche de contrôles, journées interminables ... et au bout du compte, pas le temps d'aller matter la bande annonce de Twilight pour la 258.258.641.201 ème fois, et pas le temps non plus de répondre à vos commentaires ou de mettre la suite.
Tout ça pour dire que je suis désolée du retard :$
Mais j'espère que vous allez bien, et que cette suite, bien que transitoire (je crois que c'est le bon mot ?) vous plaira quand même =)
Et puis ... courage !
Plus que 23 jours avant ... la Révélation :D
Mon Dieu je crève de hâte, quand je me lève le matin, je me demande "Ca y est ? On est le 22 ????" (rassurez moi, je suis pas la seule a faire ça ???)
Bon, je parle, je parle, j'emmerde mon monde et ça sert à rien, donc pour bien faire, je vais fermer ma bouche et laisser place à vos commentaires :)
Bisouilles et bonne continuation camarades !
► Miss Alice ◄

# Posté le jeudi 25 septembre 2008 15:48

Modifié le mardi 30 septembre 2008 12:10

28 . Quand les deux font la paire

28 . Quand les deux font la paire
Il faut parfois que l'être qui nous est le plus cher nous trahisse et s'enfuie pour que nous réalisions tout ce qui nous attachait à lui.
- GILBERT COUTURE -

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La vie continuait sa route, mais à l'évidence, elle m'avait laissé sur le bas-côté. Car ce que j'endurais chaque jour pouvait être qualifié de tout, sauf de vie. Les perfusions, les cachets, les déprimes, les disputes avec le personnel (qui tenait à me faire faire exactement le contraire de ce que je voulais), la blouse grise qui me tenait lieu de vêtement, formaient ce que je qualifiais « mon enfer personnel ». J'avais été transférée en psychiatrie, et l'un dans l'autre, presque rien n'avait changé. Le seul changement notable, qui se révélait être ma nouvelle compagne de chambre, était même positif. Liz, ma colocataire d'une certaine manière, me racontait sa vie d'avant durant des heures, je ne pensais donc pas à lui. Elle avait mon âge, était très sympathique, et s'était retrouvée là à cause de l'accident de scooter de son petit ami. C'était Liz qui conduisait, mais c'était Andréa qui était mort. L'ironie de la vie ... Après m'avoir parlé d'elle, elle avait exigé que je lui parle de moi, tout naturellement. Je lui avait tout expliqué (pas tout bien sûr, mais le principal), et décidément, elle ne comprenait pas.
- Mais Bella ... Il est juste parti ! C'était qu'un con de t'avoir planté comme ça ! Ca arrive à des millions de filles tu sais ? Crois moi, tu mérites mieux qu'un pauvre type qui se barre dès qu'il en a l'occasion ...
- Liz ... je l'aimais tu comprends ? Et je l'aime toujours ! réussissais-je à articuler à travers mes larmes.
Elle hochait alors la tête.
- Bella ... Ton Edward est vivant. Il ne tient qu'à toi de guérir, et de te casser de cet endroit de merde pour aller le chercher. Si tu l'aimes encore et que tu veux le revoir, c'est la meilleure chose à faire.
- Mais tu ne peux pas comprendre, murmurai-je en me tordant les mains. Je ne peux pas le retrouver. Je ne peux pas ...

A ce moment là, Liz piquait une colère noire, elle criait, elle pleurait, elle exposait sa colère au vu de tous, quand moi, je sanglotais dans mon coin, tachant de me faire la plus petite possible.
- Putain Bella ! Andrea, il est mort ! MORT tu comprends ? Moi je peux pas aller le retrouver, c'est pas possible ! Mais bordel, Edward est vivant ! Pourquoi tu restes à te lamenter si t'as tellement envie de le retrouver ? ! Tu me dégoûtes Bella ... Si tu savais comme je suis jalouse de toi. Ton mec s'est cassé parce qu'il en avait marre, mais ça arrive à tout le monde, crois pas que tu détiens l'exclusivité ! Tu vis pas avec le poids du remord qui te pèse un peu plus sur les épaules tous les jours ... Tu sais Bella, murmurait-elle dans un brusque accès de calme, il me rend visite parfois. Il me dit que c'est pas de ma faute, et que je lui manque de là haut. Et que je pourrais le rejoindre. J'ai essayé tu sais ! s'exclamait elle comme pour se justifier. Mais ici, lis m'ont tout pris. J'ai juste droit à un putain de livre, crachait-elle. Sûr que je vais avoir du mal à m'envoyer en l'air avec un livre ...
Liz tournait lentement son visage vers moi et me souriait tristement.
- Espère Bella. Edward n'est pas mort. Alors ne perds pas espoir. Tout peut arriver ...

Puis elle se taisait. Après ce genre de conversations, Liz s'emmurait dans son silence, elle réfléchissait silencieusement. Même si nous nous disputions régulièrement, j'aimais bien Liz, avec sa vision cruelle de la vie. Elle était la seule à savoir, même si je ne lui avait pas tout dit, je devais garder le secret malgré tout. Nos discussion étaient on ne peut plus dévastatrices, nous exposions nos souffrances, et chacune se chargeait d'appuyer sur la plaie de l'autre, là ou ça faisait mal. Pourtant, elles agissaient comme une thérapie. Elle se terminaient par des larmes des deux côtés, mais c'était cette même douleur qui nous liait toutes les deux. Nous étions deux abandonnées. Deux filles que la vie s'était décidée à faire souffrir. Nous avions toutes le deux été plus heureuses que personne, avant que cette salope de vie décide de prendre sa revanche. « Tu as été heureuse ? J'espère que tu as bien profité, parce que c'est fini. C'est donnant donnant, tu as eu droit à une vie heureuse, maintenant, tu laisse sa part au suivant ».
Nous avions consommé notre quota de bonheur trop rapidement ...

Vous l'aurez compris la présence de Liz m'aidait à tenir. Involontairement, elle était la seule personne qui me poussait à continuer. Elle savait que sa vie à elle était foutue, alors elle se battait à mes côtés pour que la mienne ne suive pas le même chemin.
Quotidiennement, elle me demandait de parler d'Edward. Je devais décrire une de ses qualités, raconter une anecdote à son sujet, me souvenir des bons moments. Au fond, ça ne l'intéressait pas tellement, mais elle le faisait pour moi, pour que je fasses la part des choses. Et l'évoquer me faisait immanquablement souffrir. Car je le détestais, oui, mais il me manquait. J'avais l'impression de ne plus vivre entièrement. Et chaque jour qui passait renforçait ce sentiment de ne faire qu'effleurer la vie. Essayez de vivre quand votre coeur a tellement pleuré qu'il est desséché, tout sec d'avoir trop souffert.
Edward me manquait. Et quoique je fasse, les choses ne changeraient pas. Il me manquerait toujours ...

- Bella, depuis combien de jours n'as tu pas mangé ?
Nous étions ... à vrai dire, je n'en avais aucune idée. Mais le temps s'étirait à l'infini, comme un vieux chewing-gum, et chaque jour qui passait paraissait plus long que le précédent. Liz et moi étions toujours toutes les deux, dans la même chambre sombre et minuscule que nous partagions maintenant depuis près de deux semaines. Nos longues conversations occupaient nos journées, mais nous en revenions toujours aux mêmes sujets.
Je ne pu m'empêcher de soupirer, excédée.
- Écoute Liz, tu me l'as demandé hier, avant-hier et tous les autres jours qui ont précédés. Alors tu vas faire travailler ta petite tête et tu va rajouter un jour au jour nombre que je t'ai donné hier. C'est dans tes cordes, non ? lançai-je froidement.
- Bella, je ne dis pas ça pour t'énerver OK ? Mais ça va faire une semaine que tu n'as rien avalé et ...
- J'ai une idée, l'interrompis-je.
Elle me regarda avec curiosité.
- Et si tu te taisais ? proposai-je.
Elle soupira, mais ne se découragea pas.
- Écoute, ne pas manger ne te sers à rien ! Tu t'affaiblis de jour en jour Bella ! Sérieusement, je ne t'ai jamais vu aussi blanche !
- Liz ... repris-je sèchement.
- Non, cette fois c'est toi qui m'écoute. Je veux que tu saches que ta petite grève de la faim ne sers à rien Bella. C'est ... c'est puéril, voilà, dit-elle finalement.
- C'est bon ? T'as fini ton cirque ? m'enquis-je.
- Mais Edward ne reviendra pas ! cria t-elle soudainement.
Je m'immobilisai, et retint mon souffle. Je devais avoir mal entendu.
- Quoi ? murmurai-je.


Coucou tout le monde !
Tout d'abord je tiens à m'excuser (platement) pour le retard de ce chapitre ...
Un mois que je n'ai rien posté, c'est long, je sais et j'aimerais avoir un tas d'excuses bidon à vous présenter (j'ai tout repassé : les extraterrestres, l'enlèvement, la maison incendiée, la panne du PC ...) pour finalement opter pour l'honnêteté ^^ Voilà, en fait, ... je ne suis plus inspirée pour cette fiction. J'ai encore deux pages d'avance, et j'ai essayé de les faire "tenir" le plus longtemps possible dans l'attente du déclic, du moment où, pleine d'inspiration, je me jetterai sur l'ordinateur pour y taper une bonne dizaine de pages et ainsi avoir la conscience tranquille. Mais apparament, mes cellules grises ont estimé qu'elles avaient besoin de vacances et panne sèche. Alors je vais tenter de m'y remettre histoire de ne pas vous refaire poireauter jusqu'à Noël pour le prochain chapitre :$
Sinon, parlons REVELATION tout de même :D
Bon, je sais pas vous, mais quand j'ai vu ce bouquin dans le magasin, ça m'a quand même fait tout drôle ^^
Je vous jure, j'étais toute fébrile, hystérique, excitée, bref, je tenais pas en place :)
Je ne l'ai pas encore lu, alors si c'est votre cas, merci de ne laisser aucun spoiler !
Gros bisous et ... à très bientôt sur la toile :D
► Miss Alice ◄

# Posté le mardi 28 octobre 2008 12:58