- Cali -
Quand sonna la fin des cours, je m'attendais à devoir rentrer seule, après notre « dispute » , Edward ne me ramènerait sûrement pas. Mais j'eus la surprise de voir la Volvo grise m'attendre sur le parking, à sa place habituelle. Plus j'approchais de la voiture, plus les battements de mon coeur s'accéléraient. Malgré l'appréhension grandissante que j'éprouvais, je n'avais envie que d'une chose : le serrer dans mes bras. Quand je montai dans l'habitacle, il me jeta un regard en coin avant de démarrer brusquement la voiture. J'avais envie de pleurer.
Le trajet me parut durer des heures. Edward ne paraissait pas m'avoir pardonné ma curiosité et il ne me répondait que par monosyllabes. Au bout de quelques tentatives de conversation ratées, j'abandonnai et préférai regarder par la fenêtre. Je sentais des ondes de colère émaner de lui, mais aussi, chose curieuse et inexpliquée, une sorte de culpabilité. Une fois arrivée j'eus seulement droit à un « Au revoir » et quand je lui demandai si il m'attendrait le lendemain matin, il referma la portière et démarra. Je restai quelques instants sur le trottoir à regarder mes pieds, pleine de remords et de questions sans réponses.
- Bella ? Qu'est-ce que tu attends ?
Je me retournai, surprise. C'était Charlie qui m'appelait depuis la terrasse où il prenait son café.
- Euh ... rien, j'arrive. Mais toi, qu'est-ce que tu fais là ? demandai-je en posant mon sac sur la table et en m'asseyant à ses côtés. Il ne rentrait que vers 18 heures d'habitude.
- Eh bien ... il y a pénurie de vols de sacs à mains, plaisanta-t-il. Alors, ta journée s'est bien passée ?
- Oui, comme d'habitude. Il y aurait une épidémie en ce moment, Angela n'est pas là.
- Ah, oui, il y a aussi quelques absents au boulot... Et, tu n'appelles pas ton amie ?
- Si, si, dis-je en me levant. J'y vais !
Je fit un passage par la case chambre avant de téléphoner à Angela. En décrochant le combiné, j'espérais qu'elle guérirait vite. Je ne tiendrais pas une semaine avec Edward et Jessica qui ne me parlaient plus. Il y eut huit tonalités avant que j'entende la voix pré-enregistrée de Mme Weber, la mère d'Angela.
« Bonjour, vous êtes bien chez la famille Weber ! Nous sommes actuellement absents mais n'hésitez pas à laisser un message ou à nous rappeler ! »
Je décidais de ne pas laisser de message, je préférais lui parler de vive voix. Je ne savais pas trop quoi faire. Charlie me demanda ce qu'on mangerait le soir et je me dirigeai vers la cuisine. Préparer à manger me permettait de me vider la tête, aussi, j'ouvris le frigo en quête d'ingrédients.... et constatai qu'il était vide. Je prévins Charlie que je partais et montai en voiture, direction la supérette du coin.
L'état de Jasper me préoccupait. Je n'aurais jamais envisagé qu'un vampire puisse tomber malade, et la réaction des Cullen ne me confortait pas. La maladie devait être assez grave pour que Carlisle reste constamment au chevet de son fils. Cependant, je pensai, égoïstement -comme les adolescentes de mon âge pourrait on lire dans les magasines- aussi (surtout) à Edward. Je ne pouvais pas expliquer sa réaction. Il m'avait blessé. Je conduisais, toujours aussi prudemment -ou lentement, ça dépend comment on voit les choses- quand tout à coup, une idée me frappa. Puisqu'il n'était pas trop tard, pourquoi ne pas faire un détour par leur maison avant les courses ? Cela faisait déjà un peu de temps que je n'y étais pas retourné, mais je m'aperçus avec surprise que l'itinéraire était resté gravé dans ma mémoire. J'empruntai donc le chemin de terre qui conduisait chez eux en admirant la végétation dense qui bordait le sentier. La lumière dorée qui réussissait à percer à travers le feuillage touffu des chênes donnait au lieu une atmosphère douce et rassurante. Cela me donna du courage pour continuer, car je ne cessai de me demander si j'avais bien fait de venir.
Je commençai à croire que je m'étais trompée de route quand le chemin s'arrêta enfin, laissant place à une allée gravillonnée qui conduisait jusqu'à chez eux.
La villa était telle que dans mon souvenir. Imposante, élégante, ancienne... Quant à la prairie qui leur tenait lieu de jardin, elle était toujours de ce vert soutenu qui contrastait magnifiquement avec la blancheur des murs. La maison des Cullen était à leur image, songeai-je, splendide et énigmatique.
Pendant que je rejoignais leur maison, je répétai mentalement ce que j'avais prévu de dire, j'appréhendais la réaction d'Edward.
J'hésitai un peu avant de frapper, mais je pris mon courage à deux mains et toquai à la porte. Celle-ci s'ouvrit très lentement. J'entraperçu par l'ouverture la chevelure brune d'Esmé ainsi qu'un de ses yeux. Je ne pu m'empêcher de sourire devant tant de prudence. Son visage se détendit quand elle me reconnut, et la porte s'ouvrit entièrement sur une femme que je ne connaissais pas encore. Son visage était défait, ses traits crispés et, tout comme ses « enfants » elle était blanche comme un cachet d'aspirine. Son habituelle sérénité avait laissée la place à de l'inquiétude.
- Bonjour Bella !
- Bonjour madame Cullen.
Je m'attendais à ce qu'elle m'invite à entrer mais elle ne le fit pas. J'attendis donc sur le palier, un peu mal à l'aise. Elle appela Edward et nous discutâmes pour la forme, mais tous ses gestes trahissaient qu'elle aussi semblait gênée. Elle ne cessait de jeter des coups d'oeil vers le haut de l'escalier. La pauvre, elle devait s'inquiéter pour Jasper.
C'est à ce moment que retentit le cri.
Merci =)
