9 . Frayeur

9 . Frayeur
C'est quand le bonheur ?
- Cali -

Je savais que la tristesse qu'Edward avait éprouvée était réelle mais j'avais l'impression que sa colère n'était pas seulement dirigée contre moi. Durant tout le repas, il avait évité de croiser mon regard, et avant de partir sa voix était empreinte de colère bien sûr mais aussi d'un espèce de regret. Lentement mais aussi dignement que je le pu, je me levai et allai poser mon plateau, sans parvenir à chasser de mon esprit les paroles blessantes d'Edward.
Quand sonna la fin des cours, je m'attendais à devoir rentrer seule, après notre « dispute » , Edward ne me ramènerait sûrement pas. Mais j'eus la surprise de voir la Volvo grise m'attendre sur le parking, à sa place habituelle. Plus j'approchais de la voiture, plus les battements de mon coeur s'accéléraient. Malgré l'appréhension grandissante que j'éprouvais, je n'avais envie que d'une chose : le serrer dans mes bras. Quand je montai dans l'habitacle, il me jeta un regard en coin avant de démarrer brusquement la voiture. J'avais envie de pleurer.
Le trajet me parut durer des heures. Edward ne paraissait pas m'avoir pardonné ma curiosité et il ne me répondait que par monosyllabes. Au bout de quelques tentatives de conversation ratées, j'abandonnai et préférai regarder par la fenêtre. Je sentais des ondes de colère émaner de lui, mais aussi, chose curieuse et inexpliquée, une sorte de culpabilité. Une fois arrivée j'eus seulement droit à un « Au revoir » et quand je lui demandai si il m'attendrait le lendemain matin, il referma la portière et démarra. Je restai quelques instants sur le trottoir à regarder mes pieds, pleine de remords et de questions sans réponses.
- Bella ? Qu'est-ce que tu attends ?
Je me retournai, surprise. C'était Charlie qui m'appelait depuis la terrasse où il prenait son café.
- Euh ... rien, j'arrive. Mais toi, qu'est-ce que tu fais là ? demandai-je en posant mon sac sur la table et en m'asseyant à ses côtés. Il ne rentrait que vers 18 heures d'habitude.
- Eh bien ... il y a pénurie de vols de sacs à mains, plaisanta-t-il. Alors, ta journée s'est bien passée ?
- Oui, comme d'habitude. Il y aurait une épidémie en ce moment, Angela n'est pas là.
- Ah, oui, il y a aussi quelques absents au boulot... Et, tu n'appelles pas ton amie ?
- Si, si, dis-je en me levant. J'y vais !
Je fit un passage par la case chambre avant de téléphoner à Angela. En décrochant le combiné, j'espérais qu'elle guérirait vite. Je ne tiendrais pas une semaine avec Edward et Jessica qui ne me parlaient plus. Il y eut huit tonalités avant que j'entende la voix pré-enregistrée de Mme Weber, la mère d'Angela.
« Bonjour, vous êtes bien chez la famille Weber ! Nous sommes actuellement absents mais n'hésitez pas à laisser un message ou à nous rappeler ! »
Je décidais de ne pas laisser de message, je préférais lui parler de vive voix. Je ne savais pas trop quoi faire. Charlie me demanda ce qu'on mangerait le soir et je me dirigeai vers la cuisine. Préparer à manger me permettait de me vider la tête, aussi, j'ouvris le frigo en quête d'ingrédients.... et constatai qu'il était vide. Je prévins Charlie que je partais et montai en voiture, direction la supérette du coin.
L'état de Jasper me préoccupait. Je n'aurais jamais envisagé qu'un vampire puisse tomber malade, et la réaction des Cullen ne me confortait pas. La maladie devait être assez grave pour que Carlisle reste constamment au chevet de son fils. Cependant, je pensai, égoïstement -comme les adolescentes de mon âge pourrait on lire dans les magasines- aussi (surtout) à Edward. Je ne pouvais pas expliquer sa réaction. Il m'avait blessé. Je conduisais, toujours aussi prudemment -ou lentement, ça dépend comment on voit les choses- quand tout à coup, une idée me frappa. Puisqu'il n'était pas trop tard, pourquoi ne pas faire un détour par leur maison avant les courses ? Cela faisait déjà un peu de temps que je n'y étais pas retourné, mais je m'aperçus avec surprise que l'itinéraire était resté gravé dans ma mémoire. J'empruntai donc le chemin de terre qui conduisait chez eux en admirant la végétation dense qui bordait le sentier. La lumière dorée qui réussissait à percer à travers le feuillage touffu des chênes donnait au lieu une atmosphère douce et rassurante. Cela me donna du courage pour continuer, car je ne cessai de me demander si j'avais bien fait de venir.
Je commençai à croire que je m'étais trompée de route quand le chemin s'arrêta enfin, laissant place à une allée gravillonnée qui conduisait jusqu'à chez eux.
La villa était telle que dans mon souvenir. Imposante, élégante, ancienne... Quant à la prairie qui leur tenait lieu de jardin, elle était toujours de ce vert soutenu qui contrastait magnifiquement avec la blancheur des murs. La maison des Cullen était à leur image, songeai-je, splendide et énigmatique.
Pendant que je rejoignais leur maison, je répétai mentalement ce que j'avais prévu de dire, j'appréhendais la réaction d'Edward.
J'hésitai un peu avant de frapper, mais je pris mon courage à deux mains et toquai à la porte. Celle-ci s'ouvrit très lentement. J'entraperçu par l'ouverture la chevelure brune d'Esmé ainsi qu'un de ses yeux. Je ne pu m'empêcher de sourire devant tant de prudence. Son visage se détendit quand elle me reconnut, et la porte s'ouvrit entièrement sur une femme que je ne connaissais pas encore. Son visage était défait, ses traits crispés et, tout comme ses « enfants » elle était blanche comme un cachet d'aspirine. Son habituelle sérénité avait laissée la place à de l'inquiétude.
- Bonjour Bella !
- Bonjour madame Cullen.
Je m'attendais à ce qu'elle m'invite à entrer mais elle ne le fit pas. J'attendis donc sur le palier, un peu mal à l'aise. Elle appela Edward et nous discutâmes pour la forme, mais tous ses gestes trahissaient qu'elle aussi semblait gênée. Elle ne cessait de jeter des coups d'oeil vers le haut de l'escalier. La pauvre, elle devait s'inquiéter pour Jasper.
C'est à ce moment que retentit le cri.


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Merci =)

# Posté le lundi 28 avril 2008 14:06

Modifié le lundi 28 avril 2008 15:06

10 . Mystère

10 . Mystère

J'ai senti monter le degré de nos sangs
J'ai senti que le clash était imminent

- Olivia Ruiz -


Mon sang se glaça instantanément dans mes veines et je me pétrifiai, levant juste la tête, le bruit m'ayant semblé venir de l'étage. Ce cri n'avait pas grand chose d'humain tant il était torturé, la personne -ou la chose- qui avait fait ce bruit éprouvait sans aucun doute une douleur terrible. Il avait été très bref, mais je ne pu m'empêcher de frissonner. Aussitôt, toutes les vieilles légendes à propos des vampires m'étaient revenues à l'esprit, je ne me sentais plus du tout en sécurité. Mais Esmé avait juste cillé et trop rapidement pour que j'eusse le temps d'identifier ses sentiments. Hormis son visage défait, elle paraissait de nouveau normale. Je la regardai, terrorisée.
- Esmée, qui a poussé ce cri ?
- Un cri ? Mais... personne n'a crié Bella ...
Je la fixai, éberluée.
- Je ne l'ai quand même pas inventé ! Une personne, ou une chose, vient de pousser un hurlement, il y a de cela moins d'une minute !
- Non, Bella. Personne n'a crié, je crois que je l'aurais entendu...
Elle me regarda avec un air inquiet, comme si elle s'inquiétait pour mon équilibre mental. Je ne savait pas comment réagir. Je n'étais quand même pas folle ! J'étais sûre d'avoir entendu ce cri, il m'avait même plus que terrifiée, et voilà qu'Esmée m'affirmait que cela provenait de mon imagination. Pourtant, j'avais une confiance absolue en elle, je ne l'imaginais pas capable de me mentir. Je frissonnai, et ça n'était pas dû à la température. Au moment ou le silence entre nous commençait à devenir franchement gênant, j'entendis des bruits de pas descendre l'escalier. Edward, enfin ! Tout comme sa mère, son visage était empreint de fatigue et d'abattement. Mais quand il me vit, ses yeux changèrent de couleur, passants du gris terne au noir intense, signe qu'il était très en colère. J'essayai de soutenir son regard mais devant tant de fureur, j'abandonnai et préférai regarder mes pieds.
- Bella ! Mais, qu'est-ce que tu fais là ? Je t'avais pourtant dis de ne pas venir !
Son ton était furibond, et je regrettai sincèrement cette fois-ci d'avoir voulu venir.
- Eh bien... Je voulais m'informer de l'état de Jasper... dis-je d'une toute petite voix, taisant la raison principale de ma visite, en l'occurrence me réconcilier avec Edward.
- Je t'ai déjà dit que Carlisle veillait sur lui ! Tu n'as pas besoin de t'inquiéter.
- Mais, il va mieux ? tentai-je.
- Pas vraiment, il s'est réveillé mais il a surtout besoin de repos. Maintenant, si ça ne te dérange pas Bella, tu vas partir d'accord ?
Son ton était dur et froid, ses yeux aussi. Mais qu'avais-je fait pour qu'il m'en veuille autant ?
- Oui, d'accord ... murmurai-je en tournant les talons. Attends ! lançai-je alors qu' Esmé refermai la porte. Edward, tu as bien entendu crier ?
Son regard croisa rapidement celui de sa « mère » , et ils semblèrent se transmettre un message, mais leur visages restèrent impassibles.
- Non, Bella. Personne n'a crié. Tu as entendu quelque chose ?
Je le regardai, les larmes aux yeux. Je n'avais rien inventé, j'en était convaincue. Il me regardait lui aussi, ses yeux semblaient exprimer un mélange de pitié et d'incompréhension. Humiliée et furieuse, je leur tournai le dos et couru jusqu'à ma voiture.
Pourquoi me mentaient-ils ? Pourquoi essayaient-ils de me convaincre que le cri avait été le fruit de mon imagination ? Et, plus que tout, qu'avais-je fais à Edward pour qu'il me parle comme ça ?
Je démarrai la voiture, consciente qu'ils m'épiaient depuis la baie de la salle. Une fois de plus, j'avais la tête pleine de questions et pas l'ombre d'une réponse. Je sentais qu'il me manquait un bout de l'histoire.
Le cri que j'avais bel et bien entendu avait du être poussé par Jasper. Mais dans ce cas, pourquoi les Cullen ne me l'avaient-ils pas dit ? A moins qu'il ait eut une « crise » et qu'il soit dangereux pour moi ? Je tournai et retournai le problème dans tous les sens sans parvenir à en trouver la solution.
Je refis le chemin à l'envers, le pied sur l'accélérateur, je ne tenais pas à m'éterniser dans le coin, la nuit était tombée, ce qui n'était pas pour me rassurer et l'écho du cri résonnait sans fin dans ma tête.
Je n'avais pas le courage de m'arrêter pour faire les courses, aussi, je passai juste prendre de quoi tenir deux jours, et je rentrai à la maison. J'étais une fois de plus fatiguée et j'avais le moral à zéro.
Charlie était devant la télé, il regardait plus précisément, pour ne pas faillir à ses habitudes, un match de base-ball. Je paru sans doute assez importante pour qu'il prenne la peine de l'éteindre et vienne me rejoindre à la cuisine.
- Alors, qu'as-tu acheté de bon ma fille ? demanda-t-il.
- En fait, je viens de me souvenir que j'ai un devoir de maths demain, j'ai juste pris de quoi tenir jusqu'à demain soir, inventai-je.
- Ah ... J'avais compté sur un de tes délicieux plats mais tant pis !
- Désolée...
- Ne t'inquiètes pas, me dit-il en souriant. Tiens, au fait, la mère d'Angela a téléphoné quatre fois ! Et elle voudrait que tu la rappelles.
- Elle t'as parlé d'Angela ? m'enquis-je.
- Oui, elle s'est cassée la jambe. Et elle paraissait inquiète, ajouta-t-il avant que je parte.
Je haussai les épaules, si Angela s'était cassé une jambe, il n'y avait pas quoi s'inquiéter. Mais pourquoi Madame weber avait-elle appelé quatre fois alors ?
Avant que j'eusse le temps de composer le numéro, le téléphone sonna.

# Posté le dimanche 04 mai 2008 09:43

11 . Disparition

11 . Disparition
Le soleil se couchera pour toi
Et l'ombre du jour
Couvrira le monde de gris

- Linkin Park -

- Allô ?
- Allô Bella ?
A en juger par sa voix, Madame Weber était très inquiète.
- Oui ?
- Angela n'est pas chez toi ? Je veux dire, elle n'est pas passée te voir ?
- Non. Pourquoi ? Elle s'est cassé la jambe c'est bien ça ? Alors, elle ne devrait pas être à l'hopital ?
- Non, elle n'y est pas ! Ni chez nous...
Ma réponse négative avait plongé la mère d'Angela dans le désarroi. Et, même si sa tristesse subite m'avait interloquée, je commençai à m'inquiéter sérieusement à mon tour. Charlie s'était approché, et il mit le haut-parleur pour suivre la conversation, son instinct de flic reprenait le dessus.
- Écoute Bella, je vais raccrocher et appeler la police, d'accord ?
Elle pleurait presque, j'étais vraiment mal. J'allais raccrocher quand Charlie me prit le combiné des mains.
- Madame Weber ?
- Oui ? elle parut surprise.
- C'est Charlie Swan, le père de Bella, et, accessoirement le chef de la police municipale. Votre fille a donc disparu ?
- Oui, oui, elle a disparu ! Mon Dieu, je n'arrive pas a y croire, sanglota t-elle.
- Est-ce que cela vous dérangerait que je passe chez vous avec Bella ?
- Non, bien au contraire ! Venez maintenant !
- Nous arrivons.
- Merci infiniment, je ...
Mais Charlie raccrocha violemment le combiné, mettant fin à la conversation.
- Merde, merde, merde ... marmonna t-il, tout en mettant sa casquette.

Quant à moi, je préférais m'asseoir. C'était impossible. Angela, disparue ? Je tentais de me rassurer, ce n'était qu'une fugue, ou un petit accident sans conséquence. Sans conséquence, vraiment ? Je plongeai la tête dans mes mains, comme pour m'isoler de la réalité. Il y a quelques semaines, la nouvelle ne m'aurait peut-être pas affectée à ce point ... Je passais la majeure partie de mon temps avec lui, mais aujourd'hui, Angela était mon point d'ancrage au lycée...

Charlie s'empara de sa veste de police, prit les clés de la voiture et je le suivis. Une fois assise, je lui demandai de m'épargner le gyrophare, j'invoquai comme excuse le fait qu'à 20h30 les gens aimaient se reposer, mais mon père, en tout policier qui se respecte, le posa sur le toit avec conviction, et nous partîmes, sirène hurlante chez Angela.
- Bon, Bella, depuis quand ton amie est elle absente ?
- Depuis hier matin.
- D'accord, hier... Elle ne t'as pas prévenu de son absence ?
- Non, non.
- Et personne n'a trouvé étrange qu'elle ne soit pas là ?
- Non. Il y avait déjà pas mal d'absents dans ma classe alors, une de plus une de moins...
Ma boutade tomba à l'eau. Quand il était concentré et plongé dans son travail, mon père ne rigolait pas avec son boulot. L'interrogatoire continua jusqu'à ce que nous arrivâmes à la maison d'Angela. La famille Weber habitait dans le quartier pavillonnaire de Forks, où toutes les maisons étaient bâties sur le même modèle : villa de taille moyenne, couleur jaune moutarde, avec les mêmes fenêtres et la même pelouse (plus ou moins verte). Je songeai avec bonheur à notre maison, peut-être moins impressionnante, mais tellement plus agréable.

- Bon, eh bien allons-y, dit mon père.
Charlie avait fière allure avec sa casquette et son costume de policier, et, c'est toute contente, que j'accompagnais mon père jusqu'à la porte.
Nous n'eûmes pas à attendre longtemps, c'est madame Weber qui nous fit entrer. Elle était aussi bouleversée qu'au téléphone. Charlie ne se répandit pas en bonnes manières, et dès que nous fûmes assis tous les quatre, mon père, moi la mère et le père d'Angela, il commença l'interrogatoire.

# Posté le vendredi 09 mai 2008 08:26

Modifié le dimanche 11 mai 2008 15:31

12 - Questions

12 - Questions

De toute façon, il n'y avait plus de monde réel ...
- MEG ROSOFF -

- Bon, je vais dresser un rapport. Répondez-moi donc le plus clairement et le plus fidèlement possible. Déclinez vos identités et dites moi quels sont vos liens avec la victime.
- Nous sommes Jane et Peter Weber les parents d'Angela.
- D'accord. Votre fille a donc disparu ?
- Oui.
- Depuis quand ?
- Nous nous sommes rendus compte qu'il y avait un problème lundi matin.
- Où était-elle ?
- Eh bien, elle s'était cassé la jambe dimanche soir, elle avait une fracture ouverte. Nous l'avons donc conduit à l'hôpital vers 18h et elle y a passé la nuit, elle est restée seule jusqu'aux alentours des 7h00, heure à laquelle nous avons reçu un appel de l'hôpital. Je suis revenue la voir vers 7h15, donc, après le coup de téléphone. Elle devait se trouvait dans sa chambre selon l'infirmière. Sauf qu'elle n'y était pas.
- Dimanche soir, votre fille se fait donc une fracture ouverte. A quelle jambe ? demanda Charlie en prenant des notes.
- Droite je crois.
- Jambe droite, d'accord. Comment ?
- Elle a chuté dans l'escalier, dit madame Weber, les larmes aux yeux.
- Et vous l'avez conduite à l'hôpital de Forks ?
- Oui.
- Quel médecin s'est occupé d'elle ?
- Le docteur Carlisle.
Je sursautai à l'entente du nom du « père » d'Edward, mais je me rappelais également qu'il n'y avait que deux docteurs à l'hôpital de Forks.
- Mmmm ... aquiesca Charlie, heure de l'opération ?
- 5h30.
- D'accord... Tout se passait bien, il n'y avait pas de problème avec votre fille ? Disputes, tentatives de fugues ...
- Euh ... non.
La question de mon père les avaient un peu dérouté.
- Désolé, ce sont les questions de routine, s'excusa mon père. Et c'est donc aux alentours des 7h00 que vous avez découvert son absence ?
- Oui, j'ai reçu un appel à la maison à cette heure là, Angela ne se trouvait pas à l'hopital, confessa madame Weber avant d'éclater en sanglots.
Son mari la pris contre elle et elle se calma un peu.
- Et vous avez cherché vous-mêmes dans l'hôpital ?
- Oui, bien sur ! Nous avons fouillé les moindres recoins de l'hôpital et nous avons constaté que notre fille n'y était pas.
Le père d'Angela prit le relais, la voix de sa femme étant trop entrecoupée pour être audible.
- Jane m'a appelé vers 7h30h. Elle était complètement paniquée... Je suis arrivé aux alentours de 7h45, et nous avons de nouveau cherché partout avec le docteur mais nous ne l'avons trouvée nulle part...
- D'accord ...
Charlie se leva et m'indiqua d'un coup d'oeil que je devais l'imiter.
- Merci beaucoup pour vos réponses. Nous allons aller à l'hôpital voir ce qu'il en est. Je vous recontacterai dans la journée de demain, mais si vous avez une information, n'hésitez pas à m'appeler ! Je serai au commissariat toute la nuit.
Nous prîmes congé. Direction l'hôpital cette fois-ci. Personne ne parla pendant le trajet, Charlie réfléchissait intensément, ses yeux étaient fixés sur la route et il conduisait mécaniquement.
Le petit hôpital de Forks n'était pas loin de leur maison, nous ne tardâmes pas à arriver au parking qui était peu rempli, et nous n'eûmes pas de mal à nous garer.
Le hall était désert lui aussi, le silence pesant, à peine troublé par les petits pas des rares infirmières qui traversaient les couloirs.
- Je peux faire quelque chose pour vous ?
Je me retournai, c'était l'infirmière de l'accueil.
Charlie s'approcha et lui demanda où se trouvait le docteur Cullen, ce à quoi elle lui répondit qu'il n'était pas là, pour raison personnelle.
Et je me souvint qu'en effet, il devait rester chez lui pour s'occuper de Jasper.
Ils discutèrent quelques temps, et je m'assit dans un fauteuil en attendant Charlie.
Mais ou pouvait donc être Angela ? Je ne m'étais pas trop inquiétée jusque là, emportée par les évènements, je n'avais pas vraiment eu le temps d'y songer sérieusement. Mais la visite chez ses parents m'avait douloureusement rappelé la réalité. Angela a disparu. Je me le répétai comme une comptine, tentant de réaliser l'impensable. Mes yeux s'humidifièrent, mais je m'efforçai de ne pas pleurer, cela ne servait à rien de me donner en spectacle ici, et ça ne me rendrait pas Angela. Calme toi Bella ... Mon coeur se serra mais je tentais de réfléchir. C'était quand même étrange, elle se casse la jambe, on la conduit à l'hopital où elle disparaît. Comment ? Pourquoi ?
Je pensais à la probabilité du kidnapping - nous la retrouverions dans une semaine, coupée en morceaux dans un sac plastique- quand Charlie vint me tirer de mes réflexions, plutôt morbides, je l'avoue.

# Posté le vendredi 16 mai 2008 13:49

13 . Un docteur antipathique

13 . Un docteur antipathique

On ne me rend pas assez hommage dans ma vie pour toutes les choses que je réussis à ne pas dire.
- Meg ROSOFF -


======- Bella, je vais aller interroger l'autre médecin et voir la chambre dans laquelle se trouvait Angela. Tu veux venir avec moi ?
- Oui, oui, dis-je en me levant d'un bond, bien décidée à retrouver mon amie, et entière !
Nous allâmes donc voir Mr Runt, l'autre docteur qui travaillait à l'hopital. Il était âgé, son crâne était presque chauve, et son visage ressemblait à une vieille pomme tant il était fripé. Il ne m'inspirait que du dégoût. Je me rendis compte avec amusement qu'il était tout le contraire de Carlisle. Il nous fit asseoir dans son bureau, et je dus m'efforcer de ne pas rire devant les efforts qu'il déploya pour se hisser sur son fauteuil. Finalement, il y réussit, et c'est rouge et haletant, qu'il s'adressa à nous.
- Alors, vous êtes Monsieur Swan, le chef de la police c'est ça ?
- Oui, exactement, reprit Charlie après un instant de flottement. Et c'est ma fille, Bella qui m'accompagne, ajouta-t-il en me désignant d'un geste du menton. C'était une amie d'Angela ...
- C'est une amie d'Angela, rectifia le docteur.
Charlie ne releva pas, son visage s'était obscurci.
- Oui oui, c'est ce que je voulais dire, rectifia-t-il, mais l'amertume dans sa voix ne leurra personne.
- Mademoiselle Angela Weber, marmonna le médecin en ouvrant un tiroir qui contenait les dossiers des patients. Il en extirpa un qu'il ouvrit. Alors, elle est entrée à l'hôpital pour une blessure à la jambe c'est bien ça ?
- Oui, elle s'est cassée la jambe droite en chutant, dis-je.
- Et que désirez-vous savoir ?
- Eh bien, comment s'est déroulée la nuit, à quelle heure a eu lieue l'opération, qui l'a opérée, l'heure à laquelle elle a disparue ...
- Je peux vous répondre sur certains points mais d'autres me sont inconnus. C'est en effet le docteur Carlisle qui s'occupait de cette patiente.
- Dites nous ce que vous savez alors, s'impatienta Charlie.
Le ton posé et lent du médecin commençait à l'irriter.
- Eh bien, mademoiselle Weber devait se faire opérer à 5h30 du matin, et l'opération devait durer environ 30 minutes, expliqua t-il.
- Devait durer ?
- Eh bien oui, puisque l'opération n'a pas eu lieu, dit il sèchement.
- L'opération n'a pas eu lieu ? demanda Charlie mi-hébété mi-furieux. L'opération n'a pas eu lieu et personne ne m'a mis au courant ?
- Apparament non, dit le docteur lentement. Notre patiente a disparue juste avant de passer au bloc, reprit-il. Mon collègue, le docteur Cullen, est allée la voir aux alentours des 5 heures pour la réveiller. Ah ... j'oubliais ! Le fils de Carlisle est passé à l'hopital !
Carlisle haussa les sourcils, apparament, il ne s'était pas attendu à ça.
- Lequel ?
- Jasper il me semble. Oui, c'est ça, Jasper. Il est arrivé à l'hopital ... à quelle heure ? Je serais incapable de le dire. Mais toujours est-il qu'il voulait parler à son père, ça avait l'air assez urgent.
- Et vous avez vu Jasper ?
- Oui je l'ai croisé, il attendait à l'accueil.
- Et ...
- Carlisle l'a apparament retrouvé inconscient.
Nouvel haussement de sourcils de Charlie, le docteur l'avait de nouveau surpris. Mais pas moi, Edward m'avait tenu au courant de l'état de son frère.
- Quand ça ?
- Je ne sais pas exactement, j'étais dans mon bureau, et je n'ai été appelé que vers 5h30, quand une infirmière m'a signalé la disparition de mademoiselle Weber.
- Mais estimez-vous le départ de Carlisle avant ou après la disparition d'Angela ?
- Pfff ... Sincèrement, je ne sais pas trop. Peut-être avant... s'irrita t-il.
- Pourquoi l'hôpital n'a t-il pas appelé les parents d'Angela avant 7h30 ? Vous dites vous même qu'on vous a signalé sa disparition à 5h30. Pourquoi un délai d'une heure et demi a t-il été nécessaire ?
- Eh bien, nous n'avons pas voulu alerter les parents de notre cli ...patiente avant d'être bien sûr de sa disparition, s'empourpra t-il.
- Vous avez eu besoin de 2 heures ?
- Oui, nous avons fouillé les moindres recoins de l'hôpital.
- D'accord, termina Charlie peu convaincu en se levant, mettant un terme l'entretien. Merci docteur, je repasserai.
- Oui, c'est ça, merci, termina-t-il.
Nous sortîmes prestement de son bureau.


Somewhere over the rainbow - LOUIS AMSTRONG
Amyakun

(ça n'est pas un blog sur Twilight mais il vaut vraiment le détour, en plus, la webmiss est très sympa )

# Posté le mercredi 21 mai 2008 15:33