- Que ...
- Ton père me coupa-t-il.
En effet, je vis la poignée de la porte d'entrée bouger et je sortis prestement de la voiture, plus câline pour un sou. J'ouvris le coffre et Charlie sortit de la maison. Il me sourit et salua Edward d'un signe de tête. Sous ses apparences paisibles, je sentis que mon père était méfiant. Je me rendit compte avec effarement que j'avais passé une demi-heure dans la voiture. Mon père pouvait en effet être méfiant ! Je me dépêchai de sortir ma valise que je traînais avec difficulté jusqu'à l'entrée. Je me retournais. Mais que faisais Edward ? Il avait fermé les yeux et semblait très concentré. Je l'appelais et il sortit de la voiture, l'air préoccupé.
- Qu'est-ce qui se passe ? lui demandai-je.
- Rentre, je t'expliquerai.
J'ouvris la porte et nous montâmes ma valise dans les escaliers -je ne m'étais jamais rendue compte à quelle point elle était encombrante ! - jusqu'à dans ma chambre. Je m'assit sur mon lit, éreintée.
- Alors tu peux me dire ce qui se passe maintenant ?
Edward, comme à son habitude, prit place dans le rocking-chair.
- Écoute Bella... Je ne voulais pas le faire mais quand je l'ai vu je... Il semblait gêné.
- Mais de quoi tu parles ? le coupais-je. Je ne comprends rien.
- J'ai lu dans les pensées de ton père.
- Ah...
Je ne savais pas trop comment réagir.
- Et... il n'a pas vraiment cru notre histoire d'embrouille avec Jessica.
- Ah...
Il te connaît bien Bella et il sait que tu n'es pas du genre à réagir aussi « violemment » pour une embrouille avec une copine. Je ne crois pas qu'il soit réellement curieux de connaître la vraie raison de ton départ mais fais quand même attention.
Je lu dans ses yeux tellement d'amour que je me détournai, gênée. Il me tendit la main, m'invitant à le rejoindre sur le rocking-chair. Je rougis mais m'empressai de venir me blottir contre lui.
- J'ai une question à te poser.
- Ah ?
Tiens, tiens, d'habitude c'était plutôt le contraire. Les questions d'Edward étaient plutôt rares.
- Est-ce que tu fais quelque chose le week-end prochain ?
Sa question me prit un peu au dépourvu. Je levais la tête pour le regarder et il me sourit.
- Et si je te dis que oui ? J'étais décidée à l'embêter un peu.
- Ah. Tant pis alors...
Je relevai la tête, indignée qu'il lâche prise aussi facilement, mais Edward pouffa de rire et m'ébouriffa les cheveux.
- Et puis-je savoir ce que vous avez prévu mademoiselle ? me demanda-t-il avec des airs faussement courtois.
- Je dois aller voir Jacob.
Je m'interrompit volontairement. Edward ne riait plus. Je me retournai pour le regarder avec un air très sérieux. Son visage s'était assombri.
- Ah bon ? dit-il sur un ton faussement désinteressé.
- Oui, je dois aller voir sa voiture. Il m'avait proposé de passer le voir, je n'allais quand même pas refuser si ?
- Non, bien sur que non, lança-t-il sur un ton acide.
Il avait complètement gobé mon mensonge. Je jubilai, d'habitude c'était le contraire!
Je me retournai pour le dévisager.
La colère rendait son visage encore plus beau, s'il pouvait l'être plus. Son regard d'ébène (comme quoi il était vraiment en rogne) contrastait avec la pâleur inhumaine de sa peau. Le soleil matinal faisait danser des reflets cuivrés sur ses cheveux. Le spectacle était magnifique. Pourquoi ai-je autant de chance ? songeai-je en posant mes lèvres sur les siennes. Une fois de plus, mon coeur perdit le tempo et se mit à battre n'importe quand, mais désormais j'étais habituée. Edward se recula, trop vite à mon goût. Je craquai.
- Bon allez, je rigole. Je ne vais pas voir Jacob.
- Que...
- N'empêche, c'est la première fois que j'arrive à te faire marcher comme ça.
- Pfffff... Il secoua la tête en souriant. Toi alors. Je dois être vraiment amoureux pour réagir comme ça.
- Allez, ne te vexe pas ! Je pris ses mains entre les miennes. Qu'as-tu prévu ?
- Surprise ! Tu vas devoir attendre, sourit-il et ses iris couleur charbon me firent chavirer.
- Bon, d'accord...
- Écoute Bella, je dois aller chasser demain, et dimanche aussi.
- Ahh...
J'avais complètement oublié les «petits problèmes » d'Edward. Mais après avoir passé deux semaines avec moi sans manger, il devait en effet être affamé
J'étais un peu déçue de ne pas pouvoir rester avec lui mais rien ne pouvait atténuer le bonheur que me provoquait la perspective d'un prochain week-end avec lui.
- A lundi alors ? dit-il.
- A lundi... Je me mis sur la pointe des pieds pour lui quémander un baiser. Qu'il ne tarda pas à me donner. J'eus à peine le temps de perdre mes moyens qu'il disparut soudainement.
- Edward ?
Je vis un éclair argenté par la fenêtre quand sa Volvo passa devant la maison. Quand je m'en approchais, elle avait disparue. Je me laissait tomber sur mon lit, soudain fatiguée, mais ô combien heureuse. Je tournai la tête pour regarder l'heure. 10H14. Il était 10H14 et j'étais éperdument amoureuse d'Edward Cullen.